Violences dans le périscolaire : plainte déposée contre la Ville de Paris, Grégoire et Hidalgo
Une quinzaine de familles a annoncé, le 4 septembre, qu’elles portaient plainte contre la Ville de Paris, son maire Emmanuel Grégoire et l’ancienne maire Anne Hidalgo, dénonçant des violences et atteintes sexuelles sur leurs enfants dans le cadre du périscolaire parisien.
Réunies autour de l’association MeTooEcole, ces familles, dont les enfants fréquentent des écoles dans les IXe, XIe et XVe arrondissements, demandent à la justice d’examiner les connaissances des responsables sur les dysfonctionnements dans le périscolaire et leur inaction supposée pour y remédier.
La plainte, déposée par un collectif d’avocats, vise plusieurs personnes, dont Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire, ainsi que Patrick Bloche, ancien responsable des affaires scolaires à l’Hôtel de Ville. D’autres procédures sont déjà en cours contre des animateurs soupçonnés d’agressions sur des enfants, mais cette plainte cible spécifiquement la Ville en tant qu’organisateur du temps périscolaire.
Sur le plan pénal, la plainte évoque la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d’infraction. Les plaignants soulignent que la Ville a été informée des dysfonctionnements par des signalements de familles, certains restés internes, et des alertes documentées.
Les accusateurs affirment que les responsables municipaux avaient connaissance d’un « caractère systémique du péril » depuis le printemps 2025, lorsque les premières affaires ont émergé. Le nombre d’animateurs suspendus pour des faits à caractère sexuel a augmenté, passant de 20 en 2025 à 52 depuis le début de l’année 2026, ce qui, selon les plaignants, démontre une conscience de l’ampleur du problème au sein de l’exécutif municipal.
Des plaintes ont également été déposées fin août par des familles de l’école Saint-Dominique concernant des violences sexuelles sur des enfants. Une vingtaine d’élus, issus de divers partis, ont également signalé ces faits au parquet.
Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire doivent être auditionnés par la commission d’enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire, et Emmanuel Grégoire a lancé un plan d’action de 20 millions d’euros pour lutter contre ces violences, qu’il considère comme une priorité absolue.
Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont actuellement en cours dans les écoles et crèches de la capitale.
Source : La Croix

