Violences dans le périscolaire à Paris : un animateur relaxé
La justice a relaxé David G., animateur de l’école maternelle Alphonse-Baudin dans le 11e arrondissement de Paris, accusé d’agressions sexuelles sur mineurs. Le tribunal correctionnel a estimé qu’il existait « un doute sérieux sur la caractérisation d’atteintes sexuelles ». Lors de l’audience du 26 mai, le ministère public avait requis trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique.
Quelques minutes avant le prononcé du jugement, une mère de famille, en pleurs, a exprimé son désespoir en apprenant que le président ne prononcerait pas de condamnation. Le tribunal a expliqué que, « en l’absence d’éléments matériels suffisamment constitués », le doute devait bénéficier au prévenu. David G. encourait une peine de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende, mais il a été relaxé des charges d’agression sexuelle sur neuf mineurs.
Le président du tribunal a indiqué que les dépositions des enfants à la Brigade de protection des mineurs (BPM) révélaient des incohérences et des phrases « toutes faites », suggérant que les témoignages des jeunes victimes avaient pu être influencés par leurs parents. Aucune personne adulte de l’école n’a témoigné de comportements suspects de la part de David G.
En revanche, il a été reconnu coupable de harcèlement sexuel sur deux collègues et condamné à huit mois de prison avec sursis, assortis d’une obligation de soins et d’une interdiction de contact avec les victimes. Il a aussi été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais), ce qui l’empêche d’exercer à nouveau comme animateur.
Cette décision a suscité une vive réaction parmi les familles présentes. Plusieurs parents ont exprimé leur colère, qualifiant le jugement de « simulacre » et d' »injustice ». Une mère a témoigné de son choc, affirmant que ses enfants avaient besoin de reconstruire leur vie après de telles accusations. L’avocate des familles, Rebecca Royer, a dénoncé le jugement, affirmant qu’il envoie un signal inquiétant à la société, indiquant que les enfants ne sont ni crus ni protégés.
Depuis le début de l’année 2026, le parquet a ouvert des enquêtes dans 84 écoles maternelles et une vingtaine d’établissements élémentaires à Paris. Selon les dernières informations, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes.
Source : Franceinfo