Violences chez les jeunes : La sanction n’est pas toujours la solution
La multiplication des actes de violence impliquant des enfants et des adolescents soulève des préoccupations qui dépassent le cadre disciplinaire ou judiciaire. Dans divers environnements tels que l’école, la famille, la rue et l’espace numérique, ces manifestations de violence se diversifient. Greta Marat-Abyla, présidente de la juridiction des mineurs près le Tribunal de Port-Gentil, souligne l’importance de ne pas considérer la sanction comme une réponse suffisante.
Selon la magistrate, il est essentiel de comprendre les parcours et les fragilités des mineurs pour prévenir la récidive. Les violences entre jeunes, les agressions envers les enseignants, et les situations de harcèlement alimentent les inquiétudes des familles et des communautés éducatives. Face à de tels comportements, l’exclusion scolaire ou la sanction disciplinaire sont souvent perçues comme des réponses immédiates. Cependant, ces mes peuvent laisser intactes les causes du passage à l’acte si aucun accompagnement n’est prévu.
Marat-Abyla insiste sur le fait qu’il est crucial de regarder au-delà du comportement visible. Elle rappelle : « Avant de condamner, il faut aussi comprendre ». Derrière des comportements agressifs se cachent parfois des situations de maltraitance, de négligence ou de traumatismes non pris en charge. L’enfant, présenté comme auteur de violences, peut également avoir été victime.
Un suivi éducatif, psychologique et social pourrait accompagner certaines mes d’exclusion pour éviter qu’un jeune ne soit progressivement éloigné de l’école, exposé à d’autres facteurs de vulnérabilité. L’exclusion, sans prise en charge, peut fragiliser un parcours déjà marqué par des difficultés. Marat-Abyla évoque la nécessité d’une réponse qui conjugue responsabilisation et accompagnement, affirmant que « la sanction est nécessaire, mais elle ne peut pas être la seule réponse ».
Le décrochage scolaire, l’isolement et l’exposition à la consommation de drogues et d’alcool sont des risques supplémentaires. La capacité collective à sanctionner un comportement tout en évitant une rupture scolaire ou sociale devient alors cruciale.
Les enfants peuvent reproduire des comportements observés dans leur environnement familial et social, intégrant la violence comme mode de communication. À cela s’ajoute la violence numérique, où les réseaux sociaux et les jeux en ligne amplifient les conflits.
Marat-Abyla aborde également les violences autoinfligées chez les jeunes, notamment le suicide, en référence à un drame survenu le 10 mars 2026 à Libreville, lorsqu’un élève s’est donné la mort. Elle appelle à identifier les signaux d’alerte et à renforcer l’écoute pour permettre une prise en charge avant que la détresse ne devienne irréversible.
La présidente de la juridiction des mineurs souligne que la lutte contre les violences chez les jeunes nécessite une approche globale, impliquant la justice, l’école, la famille, ainsi que les professionnels de l’éducation et de la santé. Elle conclut que la responsabilité collective doit viser à prévenir que les violences subies ou commises durant l’enfance ne marquent durablement les parcours de vie.
Source : Greta Marat-Abyla, présidente de la juridiction des mineurs près le Tribunal de Port-Gentil.

