Les Médias du Hezbollah : Outils de Propagande en Temps de Conflit
Un vidéoclip diffusé sur la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais met en scène un homme recevant un appel masqué, avec un message affiché : “Ignorez-le pour votre sécurité.” Ce type de contenu, loin d’être une simple campagne de prévention, constitue un outil de propagande destiné à renforcer le moral des sympathisants de la résistance, particulièrement dans le contexte actuel de conflit avec Israël.
Depuis le début des hostilités, les appels en provenance d’opérateurs israéliens à destination de citoyens libanais, majoritairement chiites, se sont multipliés. Ces appels visent à avertir d’éventuelles frappes imminentes ou à recruter des informateurs, créant un climat de psychose au sein de la population. En réponse, le Hezbollah utilise son appareil médiatique pour mobiliser ses partisans et dicter des consignes de conduite.
La mort de Hassan Nasrallah, ancien leader du Hezbollah, en 2024 a marqué un tournant dans la dynamique médiatique du groupe. Son successeur, Naïm Kassem, peine à maintenir le même niveau d’influence, et son absence croissante des écrans de télévision souligne une fragilité dans la communication du parti. Malgré ces revers, de nombreux foyers continuent de s’informer à travers le prisme des médias de la résistance, qui véhiculent un univers d’information aux codes bien établis.
Les médias du Hezbollah, principalement Al-Manar et Al-Nour, se concentrent sur la guerre narrative. Ils présentent des événements tels que des manifestations de soutien à la résistance à l’international comme des preuves de l’impact de leur message. En revanche, les médias indépendants sont rares au Liban, et ceux qui existent sont souvent alignés sur les intérêts de partis politiques.
Les discours diffusés sur ces chaînes présentent une vision unidimensionnelle, répétant inlassablement des thèmes de dignité, de résilience et de lutte contre des ennemis perçus. Les déclarations des responsables iraniens, qui rythment également la programmation, témoignent de l’influence de Téhéran dans cette machine médiatique.
Dans ce contexte, les médias de la résistance continuent de jouer un rôle central dans la construction d’une réalité partagée parmi leurs sympathisants, tout en ignorant ou en minimisant les événements qui pourraient nuire à leur image.
Source : Courrier International