Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le terrorisme évolue et touche de nouveaux acteurs.

Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le terrorisme a changé de visage

Vingt-cinq ans après le 11-Septembre : le terrorisme sous un nouveau visage

Le 11 septembre 2001, la menace terroriste était incarnée par une organisation structurée, Al-Qaïda, capable de frapper à des milliers de kilomètres de ses bases. Aujourd’hui, cette menace a évolué, devenant « plus diffuse, plus décentralisée et de plus en plus facilitée par les nouvelles technologies », selon Eihab Omaish, directeur des politiques et de la coordination au Bureau de lutte contre le terrorisme de l’ONU (UNOCT).

Lors d’une réunion à New York, organisée par la France à l’occasion de la présidence du Conseil de sécurité en septembre, les membres ont commémoré le 25e anniversaire des attentats qui ont causé près de 3 000 morts. Cette occasion a permis d’évaluer la transformation d’une menace qui évolue plus rapidement que les outils mis en place pour la combattre.

Un paysage éclaté

Natalia Gherman, cheffe de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT), a décrit un paysage où les groupes terroristes décentralisent leurs opérations et diversifient leurs sources de financement. Les cellules autonomes et les individus isolés deviennent de plus en plus présents, rendant le passage à l’acte difficile à détecter. Ce changement remet en question l’architecture antiterroriste établie après le 11-Septembre, notamment la résolution 1373 adoptée en 2001, qui a imposé aux États de renforcer leurs capacités juridiques et opérationnelles.

Les nouvelles méthodes de financement

Les méthodes de financement se sont diversifiées, incluant les paiements en ligne, le crowdfunding, l’argent mobile et les actifs virtuels. Les drones, désormais moins coûteux et accessibles, sont également utilisés pour la surveillance et les attaques.

Propagande et recrutement en ligne

La DECT souligne que la propagande terroriste a évolué pour devenir une « infrastructure opérationnelle », intégrée dans le recrutement, la radicalisation et la préparation d’opérations. Les plateformes de jeux vidéo et les espaces numériques sont désormais utilisés pour le recrutement, ciblant particulièrement les jeunes par des contenus adaptés à leurs intérêts.

Impact de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) joue un rôle croissant dans cette évolution. Selon Naureen Chowdhury Fink, directrice exécutive du Forum mondial de l’Internet pour la lutte contre le terrorisme (GIFCT), les technologies émergentes ne sont plus seulement des outils pour les terroristes, mais l’outil essentiel. L’IA facilite le passage à l’acte pour les individus radicalisés en réduisant les barrières qui les empêchaient d’agir.

Un défi en constante évolution

La DECT met en lumière un « décalage d’accélération » entre la capacité d’adaptation des acteurs terroristes et celle des États et des cadres juridiques. Alors que les menaces évoluent rapidement, peu d’orientations politiques ont émergé du Conseil de sécurité à ce sujet, et le secteur privé reste souvent en dehors des discussions internationales sur le terrorisme.

Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le défi consiste non seulement à combattre une menace en constante évolution, mais aussi à s’adapter à cette évolution.

Source : Bureau de lutte contre le terrorisme de l’ONU (UNOCT)

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