Vingt ans de plans canicule, 33.000 morts estivaux : pourquoi les personnes âgées restent-elles en France aussi vulnérables à la chaleur ?
Jusqu’à présent, aucune vague de chaleur en France n’a surpassé l’épisode caniculaire de 2003, tant en température qu’en durée. Un rapport de l’association Conséquences, publié le 23 juin, apporte des éléments de réponse sur la préparation du pays face à cette menace.
Les vagues de chaleur ont des conséquences significatives sur la santé des personnes âgées. Depuis la canicule d’août 2003, qui a été responsable de 15 000 décès supplémentaires, la France n’a pas connu d’été aussi chaud. Le rapport de l’association Conséquences souligne que « 7 millions de personnes de plus de 65 ans vivront dans des départements exposés à une canicule égale ou supérieure à celle de 2003 d’ici 4 ans ». Il est prévu qu’environ 24 départements soient soumis à des alertes canicule durant 10 jours consécutifs, et jusqu’à 19 jours en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie et en Corse.
Inquiétant, le rapport indique que « 550 000 personnes de plus de 65 ans vivront en ‘zone blanche’, sans établissements sanitaires et sans commerces ». L’augmentation du nombre de jours de canicule en France a été marquée, passant de 1,7 jour en 1989 à 14 jours aujourd’hui, avec des prévisions de multiplication par cinq d’ici 2050.
Le contexte démographique a également évolué, avec une augmentation de 5,3 points de la part des personnes âgées dans la population française depuis 2003. En Occitanie et en PACA, la proportion de plus de 65 ans atteint respectivement 22 % et 25 % de la population, dont un tiers vit seul.
Les campagnes de communication et d’alerte sont mises en place, mais leur efficacité est remise en question, surtout pour les personnes vivant en milieu rural. Joanna Adolphe, chargée de mission à la fondation des Petits Frères des Pauvres, souligne que « moins de 10 % des personnes vulnérables figurent dans les registres communaux des personnes isolées et vulnérables ».
Malgré deux décennies de plans canicule, la mortalité liée à la chaleur reste préoccupante. Entre 2014 et 2022, Santé publique France estime à près de 33 000 le nombre de décès attribuables à la chaleur, dont 23 000 concernaient des personnes âgées de 75 ans et plus. L’association Conséquences note qu’il n’existe à ce jour aucune évaluation systématique de l’efficacité du plan canicule de 2004, rendant difficile l’affirmation d’une meilleure préparation face à de futurs épisodes caniculaires.
Le rapport appelle à une révision des logements pour les adapter aux futures chaleurs, ainsi qu’à la création d’un fonds territorial d’adaptation à la chaleur pour financer des investissements. Il souligne également la nécessité d’une convention citoyenne sur la chaleur.
Le défi de protéger les personnes âgées face aux vagues de chaleur reste immense, et les solutions actuelles semblent insuffisantes pour faire face aux défis à venir.
Source : Association Conséquences.
