Prix prohibitif, image élitiste, concurrence de la bière : pourquoi le vin attire de moins en moins les jeunes

Prix prohibitif, image élitiste, concurrence de la bière : pourquoi le vin attire de moins en moins les jeunes

Le vin est de moins en moins consommé par les jeunes adultes en France, qui le jugent souvent trop élitiste, lui préférant la bière. Ce désintérêt est également influencé par le coût des bouteilles et les habitudes en soirée.

En cet été, Margot et Benjamin, deux jeunes Dijonnais, témoignent de leur distance vis-à-vis du vin. Margot, étudiante en lettres, déclare : « Je n’aime pas du tout le goût, c’est trop amer », tandis que Benjamin, réparateur de vélo, ajoute : « Ça fait cinq ans que je ne bois plus de vin. » Pour lui, la bière est plus festive et accessible.

Une étude d’Ipsos Observer pour FranceAgriMer et le Comité national des interprofessions viticoles (Cniv) en 2022 révèle une « prise de distance encore plus marquée avec le vin » chez les 18-34 ans. En 2022, 39 % des 18-34 ans ne consommaient pas de vin, contre 29 % pour l’ensemble de la population. Parmi les 18-24 ans, seuls 54 % consommaient du vin, soit une baisse de 13 points par rapport à 2015.

La consommation de bière, en revanche, reste stable, voire en légère hausse. Selon l’enquête, la bière est perçue comme plus accessible et moins contraignante à consommer en soirée. Milan, un trentenaire, note qu’il y a souvent plus de choix de bières dans les bars, tandis que Margaux souligne que la bière offre un meilleur rapport qualité/prix.

Christian Albouy, actionnaire de la cave Bacchus à Dijon, constate que la clientèle de sa boutique est principalement composée de quinquagénaires. Il évoque un changement culturel : « Avant, il y avait beaucoup plus de repas de famille avec du vin à table. Aujourd’hui, on associe moins le vin à la convivialité. »

Ce phénomène de désaffection pour le vin touche également les jeunes adultes en soirée, où ils privilégient souvent des boissons comme les cocktails ou les alcools forts, perçus comme plus festifs et pratiques.

Source : Ipsos Observer pour FranceAgriMer et le Comité national des interprofessions viticoles (Cniv).

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