Les vignerons suisses en péril : un appel à la mobilisation
Les vendanges ont débuté dans le canton de Genève avec un goût amer cette année. Dérèglement climatique, baisse de la consommation de vin, pression étrangère. Les vignerons suisses font face à une situation catastrophique. Certains craignent de voir disparaître le métier d’ici quelques années.
Aux portes de Genève, Willy Cretigny surveille les dernières grappes de chasselas sur ses coteaux. Ce cépage emblématique de la Suisse a particulièrement souffert cette année. Après avoir été touchées par la grêle, les vignes ont ensuite dû faire face à la sécheresse estivale. « Si on écrase ces grains, on voit qu’il sort beaucoup de pulpe, mais en fait, ça ne coule presque pas », explique Willy, président de l’association suisse des vignerons-encaveurs indépendants. « Il n’y a pratiquement pas de jus à cause de la sécheresse de l’été. »
Les difficultés rencontrées cette année ne sont pas uniquement liées au climat. Les dérèglements climatiques s’ajoutent à la baisse générale de la consommation de vin et à la pression des prix des vins étrangers. En 2025, la consommation de vin a chuté de 8 % en Suisse, une baisse qui touche particulièrement les vins locaux.
« C’est vraiment une question politique », ajoute Willy. « Il faut qu’au niveau des autorités, elles comprennent que la concurrence déloyale est un problème contre lequel il faut se battre. Des mes claires sont nécessaires pour protéger les producteurs suisses. »
Depuis plusieurs mois, Willy se mobilise pour défendre la filière. Parmi ses revendications figure l’instauration d’un prix seuil à la frontière pour mieux protéger les producteurs suisses face aux vins importés.
Début 2026, le canton de Genève a mis en place une me d’arrachage de certaines parcelles afin de lutter contre la surproduction. Willy a dû arracher un hectare de ses vignes. Pour lui et sa fille Camille, vigneronne et encaveuse, l’arrachage n’est pas la solution. « Ils ont décidé des mes temporaires, mais en Suisse, on ne produit que 30 % de ce que l’on consomme. Il n’y a donc aucune raison de réduire notre cadastre viticole », souligne Camille.
La crise actuelle pèse lourdement sur les exploitants. « La crise, au quotidien, ça veut dire qu’on ne sait jamais, à la fin du mois, si on pourra payer les salaires et les fournisseurs », s’inquiète-t-elle. Les perspectives ne sont pas encourageantes : si aucune me n’est prise dans les prochaines années, jusqu’à 30 % de la surface viticole suisse pourrait disparaître d’ici cinq à dix ans.
Face à cette situation, la profession demande aux autorités de revoir les règles encadrant les importations et de mettre en place des mes permettant de mieux protéger la production nationale.
Source : France Télévisions

