Venezuela : Un tremblement de terre révélateur des défaillances de l’État
Le Venezuela a été frappé par un violent tremblement de terre le 24 juin 2026, mettant en lumière les nombreuses défaillances de l’État vénézuélien. Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes, souligne que ces dysfonctionnements remontent à avant 1999, date d’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, et trouvent également leurs origines à l’extérieur du pays.
À 18h04, un double séisme d’intensité 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter a été enregistré, son épicentre situé dans l’État d’Yaracuy, à plus de 200 kilomètres de Caracas. Bien que les dégâts à Yaracuy soient modestes, la région côtière de La Guaira, à moins de trente kilomètres de la capitale, a subi des impacts dévastateurs. Près de 5000 victimes ont été comptabilisées fin juillet 2026, et les infrastructures, notamment la couverture hospitalière, ont été gravement affectées.
Les autorités vénézuéliennes ont été critiquées pour leur incapacité à gérer la situation. Selon Raúl Estévez, géologue à l’université des Andes, seules trois ou quatre des 300 stations de mes sismiques étaient opérationnelles au moment du tremblement de terre. De plus, des questions se posent sur les normes de construction en zones sismiques, notamment concernant les bâtiments qui se sont effondrés.
L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a noté une dégradation significative des services publics, en particulier du système de santé, rendant difficile la réponse aux besoins humanitaires. Les survivants ont souvent dû se débrouiller seuls, tandis que les appels à l’aide internationale se multipliaient.
La corruption au sein des autorités a également été mise en avant, freinant la gestion de l’aide internationale. Des ONG, comme WOLA, ont recommandé que l’aide soit acheminée par des canaux transparents, appelant à contourner les autorités en place. Des incidents ont été rapportés, comme des contrôles d’identité sur des humanitaires en action.
Une structure de crise a été mise en place dès le 25 juin, permettant l’arrivée rapide de secours internationaux. Cependant, des critiques persistent quant à la gestion de l’aide, notamment en raison de la corruption endémique qui affecte l’État depuis des années.
Les sanctions imposées au Venezuela par les États-Unis ont également contribué à l’inefficacité de l’État face à cette catastrophe. La production pétrolière, qui était de 3 millions de barils par jour, a chuté à 400 000 en 2021 en raison de ces sanctions, limitant les ressources disponibles pour la réponse à la crise.
Le tremblement de terre du 24 juin 2026 a non seulement causé des pertes humaines et matérielles, mais a également révélé des failles structurelles au sein du gouvernement vénézuélien, exacerbées par des facteurs externes.
Source : Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes, Organisation panaméricaine de la santé (OPS)
