Ça devient de plus en plus dangereux : les vendangeurs saisonniers en quête d’hébergement
À Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), les vendangeurs saisonniers se retrouvent dans une situation précaire. Chaque été, il devient de plus en plus difficile pour ces travailleurs de trouver un logement en raison de l’afflux touristique. Traditionnellement, ils improvisaient des campements en bordure des vignes, mais cette année, le risque d’incendie a conduit à leur expulsion des terrains où ils campaient. Ils réclament des solutions d’hébergement adéquates.
Le 22 août 2026, environ soixante vendangeurs se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de vie, soutenus par la CGT. Avec un risque d’incendie très élevé cet été, ces saisonniers sont régulièrement chassés des lieux où ils s’installent. L’absence d’accès à l’eau et des conditions d’hébergement inappropriées compromettent leur repos et leur santé, alors que le travail dans les vignes est particulièrement éprouvant.
Les revendications exprimées lors de la manifestation incluent des « conditions de travail minimales », comme l’accès à l’eau, à l’ombre et à un espace de repos. Oriane Guibert, une vendangeuse, témoigne : « On travaille dans des conditions extrêmement difficiles, il fait très chaud. Et le soir, on doit aller à droite à gauche pour chercher à nous loger. »
Théo Guyomard, un autre vendangeur, souligne la dangerosité de la situation : « Je suis porteur, un porteur ça porte entre trois et quatre tonnes de raisin par jour. Je n’ai pas un seul endroit où poser le camion, où je peux me reposer. Ça devient de plus en plus dangereux. »
Les travailleurs saisonniers se sentent marginalisés et non reconnus. Julien Berthélémy, secrétaire général de la CGT 66, déclare : « Ces travailleurs ne sont pas reconnus. On a l’impression qu’on les met à la marge et on ne reconnait pas leur travail. »
Les problèmes de logement des vendangeurs ne sont pas nouveaux. Romuald Peronne, président du syndicat des vignerons de la Côte Vermeille, rappelle que ces difficultés persistent depuis vingt à trente ans. Auparavant, des solutions temporaires étaient trouvées grâce à un camping local et à la tolérance des collectivités pour des campements sauvages. Cependant, le changement climatique a modifié la donne. Les vendanges débutent désormais plus tôt, souvent en plein été, rendant difficile l’accueil des saisonniers dans les campings.
La préfecture a récemment refusé d’autoriser l’utilisation d’un ancien centre équestre pour loger les saisonniers, invoquant le risque d’incendie. Des discussions sont en cours avec les pouvoirs publics pour trouver des solutions d’hébergement sur les terres agricoles des employeurs pour l’année prochaine.
Les vendangeurs saisonniers de Banyuls-sur-Mer continuent de se battre pour des conditions de vie décentes, alors que leur travail est essentiel à la viticulture de la région.
Source : France 3 Régions



