Des Vendanges Précoces dans le Bordelais et le Bergeracois
Dans le Bordelais comme dans le Bergeracois, de nombreux viticulteurs ont dû commencer à vendanger leurs blancs en cette semaine du 11 août. Du jamais vu. Ils n’ont pas d’autre choix s’ils veulent conserver un maximum de jus, d’acidité et de fraîcheur.
Le soleil se lève à peine et les équipes de vendangeurs s’activent déjà dans le vignoble de Pessac-Leognan. « On commence à six heures et demie et on s’arrête vers midi et demi, on fait maximum six, sept heures », déclare un porteur recruté pour ces vendanges précoces en pleine canicule. Les températures ont atteint les 40 degrés, avec des prévisions similaires pour les jours suivants. Cette cinquième vague de canicule en un mois et demi a accéléré la maturation du raisin.
Selon Edouard Kressmann, directeur technique du Château Latour-Martillac, « en 2026 on a encore gagné une semaine par rapport à nos vendanges les plus précoces qui remontent à 2022 ». Il souligne que « le réchauffement climatique, on le vit tous les ans maintenant dans nos vignes ».
Pour préserver la qualité du fruit, il sera placé en chambre froide à 5°C immédiatement après la récolte. Kressmann précise qu’il est impératif de récolter rapidement pour éviter une trop grande montée en sucre et une perte d’acidité. « On a décidé de louer des camions réfrigérés depuis quelques années pendant la période des vendanges. Cela nous permet de préserver les arômes caractéristiques de nos vins et leur fraîcheur », ajoute-t-il.
L’effeuillage a été minimal cette année pour protéger les raisins des coups de soleil, permettant ainsi de ralentir leur maturation. « Les feuilles font une ombre naturelle au raisin », note Kressmann.
Les viticulteurs s’adaptent à cette nouvelle réalité climatique, ayant avancé leurs récoltes de quasiment un mois par rapport aux années 80 et 90. « On doit faire avec cette nouvelle réalité », conclut-il.
Dans le Bergeracois, Guillaume de Conti, viticulteur, a également dû avancer la récolte. « On est rentré de vacances et on a dû s’y mettre direct. On ne s’attendait pas du tout à ça », reconnaît-il. Ce jeune viticulteur et son associé Yann Lecoindre doivent gérer des journées longues, commençant à 3 heures et finissant à 20 heures, pour récolter leurs blancs secs et éviter de nouveaux coups de chaleur.
Malgré l’urgence, les viticulteurs sont surpris par la résilience de la vigne, capable de trouver de l’eau en profondeur, entraînant des rendements satisfaisants malgré les conditions climatiques extrêmes.
Source : France 3 Régions



