La Végétalisation Urbaine : Un Enjeu Crucial Ignoré
Une étude récente publiée dans la revue scientifique The Lancet souligne l’aggravation des risques sanitaires dans les villes européennes, une évolution directement liée au changement climatique. « Il faut changer de regard », affirme Nicolas Leroy, président de l’Union nationale des entreprises du paysage et co-président de l’Observatoire des villes vertes.
Entre 2015 et 2024, la mortalité liée à la chaleur a augmenté de près de 161 % dans les villes d’Europe du Sud, avec un impact particulièrement sévère sur le pourtour méditerranéen en France. Malgré une prise de conscience croissante, la végétalisation des espaces urbains progresse lentement, moins de 10 % des surfaces urbaines étant actuellement végétalisées.
Nicolas Leroy souligne : « La végétalisation est efficace et intéressante d’un point de vue économique. » Une étude précédente avait déjà révélé qu’une augmentation de 14 % des espaces verts pourrait sauver plus de 2 100 vies par an et générer 313 millions d’euros d’économies sur les dépenses de santé.
Cependant, Leroy met en garde contre la tendance à se concentrer uniquement sur les coûts d’investissement, sans prendre en compte les économies à long terme. « On se focalise beaucoup trop sur le coût de ces investissements, sans considérer ce qu’ils font économiser. »
Il souligne également les dangers de vouloir aller trop vite dans les projets de végétalisation. « La fausse bonne idée, c’est de vouloir aller trop vite, sans prendre le temps de faire une étude préalable en s’entourant de professionnels compétents », prévient-il.
La végétalisation des cours d’école, par exemple, peut réduire la température ambiante de 4 à 7 degrés, offrant un environnement plus sain et agréable pour les enfants. Les arbres jouent également un rôle crucial dans la régulation thermique des bâtiments, contribuant à atténuer les effets de la chaleur estivale.
En conclusion, bien que la végétalisation des villes soit une solution prometteuse pour lutter contre le réchauffement climatique et améliorer la santé publique, des efforts plus soutenus et réfléchis sont nécessaires pour en maximiser les bénéfices.
Source : The Lancet

