« On m’a dit que j’avais castré mon mec » : Un couple témoigne de leur choix de vasectomie
À 33 ans, Romain a pris une décision encore peu courante chez les hommes : se faire vasectomiser. Selon un rapport d’Epi-Phare, ils étaient 60 000 hommes en 2025 à avoir choisi cette intervention, contre 32 000 en 2022. Avec sa fiancée Claire, 31 ans, ils sont les parents d’Anna et Mia, âgées respectivement de 2 ans et demi et 1 an et demi. Cette intervention vise à alléger le fardeau contraceptif de Claire, qui a souvent éprouvé des difficultés avec les méthodes traditionnelles.
Lorsque Romain annonce son intention de subir une vasectomie, Claire est d’abord surprise. Elle doit faire face à l’idée de ne plus avoir d’enfants. « En tant que maman, j’ai du mal à faire ce petit deuil de la maternité », confie-t-elle.
Difficultés liées à la contraception
Le couple avait initialement envisagé d’avoir un ou deux enfants. Après la naissance de leurs filles, ils se sont rendu compte qu’ils ne souhaitaient pas en avoir d’autres. Romain souligne que la décision a été influencée par les difficultés de Claire avec les méthodes contraceptives. « Claire n’était pas hyper à l’aise avec le stérilet », explique-t-il. Il estime que la contraception ne devrait pas reposer uniquement sur les épaules de sa compagne.
Claire a rencontré de nombreux problèmes avec la contraception hormonale, notamment des effets secondaires graves. Elle a même déclaré avoir subi une sorte d’AVC à cause d’une pilule. Après avoir essayé le stérilet sans succès, elle avait envisagé une ligature des trompes, mais sa demande avait été refusée par les médecins, considérée comme « trop jeune ». La vasectomie de Romain apparaît donc comme une solution pour mettre fin à cette charge.
Un acte chirurgical simple
Après avoir discuté avec Claire, Romain prend rendez-vous avec un professionnel de santé. « Le premier rendez-vous était avec mon médecin traitant, qui m’a orienté vers un urologue », raconte-t-il. Après une explication détaillée de l’opération et de ses conséquences, il y a un délai de quatre mois avant le deuxième rendez-vous.
L’opération, réalisée sous anesthésie générale, dure environ 10 à 15 minutes. Elle consiste à sectionner et sceller les canaux déférents, empêchant ainsi la circulation des spermatozoïdes. Romain ne garde pas un souvenir douloureux de l’intervention. Un mois après, il as que sa vie sexuelle n’a pas changé. « Ça ne change rien pour le reste », affirme-t-il.
Réactions des proches et commentaires sur les réseaux sociaux
Claire se montre d’abord préoccupée par la décision de Romain, s’interrogeant sur son irréversibilité. Cependant, leurs proches accueillent globalement la décision avec compréhension, bien que certaines réactions soient teintées de surprise. Les grands-mères, en particulier, ont exprimé leur choc, avec des remarques telles que : « S’il arrive malheur à vos enfants, comment vous allez faire ? »
En partageant leur expérience sur les réseaux sociaux, le couple fait face à des commentaires virulents, souvent de la part d’hommes. Claire déplore des remarques comme « Il va pouvoir chanter du Céline Dion » et d’autres allusions homophobes. Face à ces réactions, elle a décidé de désactiver les commentaires sur certaines publications.
Conclusion
Pour Claire, la vasectomie représente une manière de partager la responsabilité contraceptive, un sujet souvent perçu comme exclusivement féminin. Elle souligne que « la contraception ce n’est pas que pour la femme » et considère le choix de Romain comme une belle preuve d’amour.
Source : Epi-Phare.

