Une occasion unique de raconter l’histoire : à Varsovie, les vestiges du plus grand ghetto d’Europe s’ouvrent aux visiteurs
Depuis 2024, des archéologues analysent les ruines du plus grand ghetto d’Europe. Le site, désormais ouvert aux visiteurs, permet de connaître autrement cette histoire et pour certains, d’y accomplir un devoir de mémoire.
En Pologne, des vestiges de la Seconde Guerre mondiale refont surface en plein cœur de la capitale. Les fouilles archéologiques menées dans le quartier où se trouvait le ghetto de Varsovie, le plus grand d’Europe, ont permis de mettre au jour plus de 3 500 objets. À partir de 1940, des Juifs de tout le continent ont été emmurés dans cet espace surpeuplé, dans des conditions inhumaines, avant d’être déportés vers des camps d’extermination.
Lors d’une visite guidée, une vingtaine de visiteurs explorent les 200 m² d’excavations, où s’élèvent des murs de briques de plus de 2 mètres. Magdalena Kruszewska-Polak, responsable des collections du Musée du Ghetto de Varsovie, explique aux visiteurs les ruines des sous-sols de deux immeubles du XIXe siècle. Ces caves servaient de cachette aux Juifs du ghetto pour échapper aux déportations et leur permettaient de faire circuler de la nourriture.
L’accès à ces vestiges représente une occasion unique de raconter l’histoire de cette résistance civile. Parmi les visiteurs, Susan, une Américaine de confession juive, partage son émotion : « Connaître l’histoire, c’est une chose, mais se tenir sur le lieu même où se trouvait le ghetto, voir ses murs et le vivre de ses propres yeux, cela n’a rien à voir. » Halina, dont la mère a vécu dans le quartier avant la guerre, témoigne également de sa recherche de vérité, malgré la douleur que cela peut engendrer.
Le ghetto de Varsovie a vu périr entre 400 000 et 500 000 Juifs, que ce soit sur place ou dans les camps d’extermination.
Source : France Info
