Valençay : le château de Talleyrand, prison dorée des princes d’Espagne sous Napoléon

Valençay, le château de Talleyrand que Napoléon a transformé en

Article rédigé par les services programmes.

À Valençay, Napoléon et Talleyrand ont écrit une page étonnante de l’Histoire de France. Le château fut la « prison de luxe » des princes d’Espagne, retenus en captivité loin de leur cour.

Au cœur de l’Indre, le château de Valençay a connu son apogée durant l’Empire grâce à son illustre propriétaire, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ministre des Affaires étrangères de Napoléon, connu pour son coup de génie diplomatique au Congrès de Vienne en 1815.

Le château de Valençay a été le témoin de l’Histoire de France du 19ème siècle et du Premier Empire. © France 3 Centre-Val de Loire

Après la Révolution, Napoléon souhaite rasr les Français. Pour asseoir son pouvoir, il comprend qu’il doit s’entourer de figures capables d’impressionner. « Il veut s’appuyer sur des puissants pour tenir le territoire français », explique Alexis Rousseau-Jouhennet, directeur du château de Valençay. Talleyrand, homme de l’Ancien Régime et expert en diplomatie, est alors choisi pour cette mission.

Il demande à son ministre des Relations extérieures de trouver un domaine, éloigné de l’agitation parisienne, pour y organiser des réceptions grandioses, affichant ainsi le prestige du nouveau pouvoir.

À Valençay, l’histoire du château ne se limite pas à ses salons. Elle se trouve également dans les anciennes carrières de tuffeau qui entourent le domaine, cette pierre qui confère à Valençay une élégance Renaissance, bien qu’il soit éloigné des châteaux de la Loire.

Au début du 19ᵉ siècle, Napoléon fait enlever la famille royale d’Espagne à Bayonne pour placer son frère Joseph sur le trône espagnol. Trois membres de la famille royale sont alors exilés dans le Berry, où ils resteront six ans. Leur quotidien à Valençay est bien différent de l’image traditionnelle de l’emprisonnement.

Dans une grotte aménagée de l’ancienne carrière, les princes profitent de soirées pour échapper aux contraintes de leur détention. On peut encore voir les vestiges d’une cheminée, témoignant des aménagements réalisés pour leur confort.

Intérieur de « la Taverne des Espagnols (ou des Princes) », ancienne excavation où les princes captifs aimaient se réfugier pour s’amuser. © France Télévisions

Loin des protocoles rigides de la cour d’Espagne, les princes découvrent une forme de liberté inattendue à Valençay. Ils s’adonnent à des activités variées : danse, équitation, tir, chasse, et surtout, ils font la fête.

Cette fête ne se limite pas aux aristocrates. Les classes sociales se mélangent dans cette taverne souterraine. « Ils viennent ici s’enivrer avec toutes les classes sociales, y compris les gendarmes impériaux censés les surveiller« , raconte Antoine Longuet, secrétaire général du château de Valençay.

Le petit théâtre du château de Valençay est un joyau à l’élégance Empire. © France Télévisions

Pendant leur emprisonnement, les princes espagnols ont eu de nombreuses occasions de s’évader, mais ils ne les ont pas saisies : « Ils étaient très heureux ici. Ils se sentaient libres, ils avaient une vie légère, tranquille », atteste Antoine Longuet. « Les princes d’Espagne ont été très contents de leur captivité à Valençay. Ils vont même offrir des cadeaux à Talleyrand pour le remercier. »

Talleyrand a largement contribué à cette ambiance conviviale. L’Empereur avait donné une consigne claire : divertir par tous les moyens possibles afin de masquer leur captivité. Talleyrand fait venir des musiciens de toute l’Europe, ainsi que des comédiens et des écrivains.

Peu à peu, une vie culturelle s’installe au château. C’est pour les princes qu’ont été construits le petit théâtre, joyau de l’époque du Premier Empire, et le pavillon de chasse de la Garenne, propriété aujourd’hui d’un particulier.

La visite guidée du château de Valençay avec André Manoukian est disponible en replay.

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *