Vagues de chaleur exceptionnelles : quelles conséquences pour les économies européennes ?
La France traverse depuis le 17 juin une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures atteignant jusqu’à 44,3 °C dans les Landes. Cette canicule touche l’ensemble du continent européen, où de nombreux records de chaleur ont été battus. Dans ce contexte, les économies européennes sont particulièrement exposées aux conséquences de ces épisodes de fortes chaleurs, qui témoignent de l’ampleur du défi climatique.
Des économistes de la Banque centrale européenne (BCE) ont publié une étude analysant les effets sur l’économie européenne, concluant à des conséquences durables sur la vie économique des régions touchées. Selon cette étude, les vagues de chaleur estivales entraînent une baisse de l’activité économique d’environ 1 % la première année et de 1,5 % deux ans après. Par ailleurs, l’activité économique est inférieure de 3 % après une sécheresse et de 2,8 % après une inondation, quatre ans après.
L’agriculture est la première victime des fortes chaleurs, avec des récoltes souvent compromises. Le secteur des services, également affecté, voit ses investissements augmenter sans pour autant améliorer sa productivité. Ces dépenses, souvent destinées à s’équiper pour résister aux températures élevées, ne contribuent pas à des avancées technologiques à long terme.
Les vagues de chaleur entraînent également une hausse des prix alimentaires. En 2022, une vague extrême a augmenté de 0,7 point de pourcentage le prix de la nourriture en Europe. Selon les prévisions de la BCE, un événement similaire pourrait provoquer d’ici 2060 une hausse de 1,8 point.
Les régions déjà chaudes sont les plus touchées, avec des effets économiques amplifiés par le réchauffement climatique. Si la température mondiale augmente de 3 degrés en moyenne, les journées d’été pourraient être jusqu’à 6 degrés plus chaudes en Europe d’ici la fin du siècle.
Les mes mises en place par les pays européens pour contrer les effets du dérèglement climatique varient considérablement. L’Allemagne a décidé d’abandonner l’énergie nucléaire en 2023 au profit des énergies renouvelables, tandis que la France continue de privilégier le nucléaire. En 2019, l’Union européenne a adopté le Pacte vert européen, un plan visant à atteindre la neutralité carbone en 2050, accompagné d’un paquet de directives « Fit for 55 ».
Cependant, les politiques actuelles pourraient ne pas suffire. Les élections européennes de 2024 ont modifié la composition de l’Assemblée européenne, où la droite et l’extrême droite, critiques à l’égard des politiques climatiques, dominent désormais. Cela a conduit à une remise en question du Pacte vert et à une déréglementation des mes prévues.
La nécessité de restaurer le Pacte vert est d’autant plus urgente, car l’Europe est prévue pour être la région la plus touchée par les épisodes de réchauffement climatique, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Source : Banque centrale européenne, GIEC
