Vague de suicides à l’Université Paul-Valéry : Anne Fraïsse, la présidente qui ne voulait pas savoir ?
En janvier 2026, Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry, a alerté Emmanuel Macron sur une série de suicides et de décès au sein de son établissement, qu’elle attribuait au manque de moyens. Cinq mois plus tard, un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) a révélé que l’université n’avait jamais cherché à comprendre les causes de ces drames, et que les signalements de harcèlement se perdaient dans un système jugé opaque par les syndicats. Entre un ministère et une présidence qui se renvoient la responsabilité, les agents en souffrance attendent encore des réponses.
Dans sa lettre ouverte, Anne Fraïsse a déclaré : « Dans mon université, en 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. » Elle a établi un lien direct entre ces tragédies, les conditions de travail et le sous-financement de l’enseignement supérieur par l’État. L’université Paul-Valéry est parmi les moins financées de France, avec un déficit structurel de 8 millions d’euros par an.
Le rapport de l’IGÉSR, rendu en juin 2026, a confirmé que quatre agents s’étaient suicidés depuis 2021, mais a souligné l’absence d’enquête sur ces décès. Les représentants du personnel avaient demandé une analyse des causes, mais celle-ci n’a jamais été engagée. Lors d’une réunion en novembre 2024, la présidente a déclaré qu’il n’y avait « pas de lien direct » entre les décès et l’exercice professionnel, ce qui a conduit à l’absence d’enquête.
Les signalements pour risques psychosociaux ont augmenté, passant de 38 en 2021 à 63 en 2025, avec déjà 24 nouveaux signalements dans les six premières semaines de 2026. Malgré cela, l’établissement n’a engagé que trois procédures disciplinaires depuis 2021. Les syndicats dénoncent un système de signalement inefficace, où les préoccupations des agents semblent ignorées.
Le 25 juin 2026, les quatre organisations syndicales de l’établissement ont refusé de siéger en F3SCT, dénonçant un dialogue social entravé. Anne Fraïsse a répondu en rappelant le nombre de réunions tenues, mais les syndicats estiment que la qualité du dialogue ne se me pas uniquement en termes quantitatifs.
Les divergences d’interprétation sur les causes des suicides et des malaises au travail persistent. La présidence blâme le sous-financement, tandis que le rapport de l’IGÉSR pointe des problèmes internes d’organisation. Les syndicats, quant à eux, appellent à une prise de conscience collective sur les conditions de travail à l’université.
Les agents, en attendant des réponses concrètes, se préparent à une grève prévue le 29 septembre, dans le cadre d’une mobilisation pour défendre les services publics.
Source : Le Poing
