Vaccination des enfants : Donald Trump veut espacer les injections et relance la polémique sur l’autisme
La politique vaccinale américaine prend un nouveau tournant. Lundi 10 août, Donald Trump a signé un décret recommandant d’espacer les vaccins administrés aux enfants. Ce texte invite également les États à revoir les obligations vaccinales conditionnant l’entrée à l’école. Lors de sa présentation, le président américain a de nouveau suggéré l’existence d’un lien entre vaccination et autisme, une affirmation qui a été démentie par de nombreuses études.
Donald Trump a déclaré depuis le Bureau ovale : « Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque, les gens étaient en bien meilleure santé et, , le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas. » Il a néanmoins reconnu : « Nous ne savons pas » ce qui cause l’autisme. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est pourtant catégorique : les vaccins ne provoquent pas l’autisme. Fin 2025, son comité d’experts a réexaminé 31 études publiées dans plusieurs pays et a confirmé l’absence de lien de causalité. Les travaux qui avaient initialement alimenté cette crainte étaient entachés de graves erreurs méthodologiques et ont été discrédités. L’OMS rappelle également que la vaccination infantile a permis de sauver au moins 154 millions de vies en cinquante ans.
En outre, Donald Trump souhaite que le vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole soit proposé sous la forme de trois injections distinctes. Un groupe de travail devra étudier cette possibilité avec des fabricants. L’Académie américaine de pédiatrie conteste cette orientation. Son président, Andrew Racine, estime que la mise au point et l’homologation de trois vaccins séparés pourraient prendre plus de dix ans. Aaron M. Milstone, membre de l’organisation, recommande de continuer à administrer aux enfants le vaccin combiné, dont la sécurité est étayée par des décennies de données. L’OMS ne relève d’ailleurs aucune preuve justifiant le recours systématique à des vaccins séparés, une telle stratégie risquant d’augmenter le risque de vaccination incomplète.
Ce décret suscite également des critiques au sein même du camp républicain. Le sénateur et médecin Bill Cassidy estime qu’il risque d’« accroître la méfiance et compromettre la sécurité des enfants ». Il a affirmé : « Ce décret est une erreur. Le président ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour mettre en œuvre ces changements. Les vaccins sont extrêmement sûrs. Les vaccins sont efficaces. Les vaccins ne provoquent pas l’autisme. »
Les inquiétudes sont d’autant plus vives que les États-Unis traversent leur plus importante épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans. L’OMS avertit que lorsque les calendriers vaccinaux sont retardés ou modifiés sans preuves solides, le risque d’infection augmente pour l’enfant, mais aussi pour toute la communauté.
Source : Parents.fr



