Un vaccin contre les récidives du cancer de la peau : une première mondiale
C’est une avancée majeure dans la lutte contre le cancer : un vaccin expérimental a été développé pour prévenir les récidives du cancer de la peau. Le 20 Heures a rencontré en exclusivité Grégory Cloppet, l’un des rares patients français ayant participé à ces essais, dont les résultats s’avèrent prometteurs.
Après trois ans de combat contre un mélanome agressif, Grégory, 48 ans, est aujourd’hui en rémission et se prépare à courir un marathon. « Je me sens beaucoup plus léger. Je me dis qu’en fait, il ne reviendra pas. [La récidive], je n’y pense pas du tout », confie-t-il.
Cette confiance est le fruit d’un traitement innovant : Grégory a reçu dix injections d’un vaccin expérimental conçu pour éviter la récidive de son cancer. « C’était une part d’inconnu, je ne savais pas où je mettais les pieds. À un moment donné, je me suis dit : je vais peut-être arrêter, parce que c’est quand même douloureux. Mais j’ai continué, je pense avoir eu la bonne décision », ajoute-t-il.
Le vaccin utilise la technologie de l’ARN messager, similaire à celle des vaccins contre le Covid-19. Un échantillon de la tumeur du patient est prélevé et analysé. Une intelligence artificielle identifie les caractéristiques les plus susceptibles de stimuler le système immunitaire, permettant la fabrication d’un vaccin personnalisé.
Ce vaccin, une fois injecté, vise à activer le système immunitaire pour combattre les cellules cancéreuses et prévenir les récidives. « Ce n’est pas un vaccin qui empêche d’attraper une maladie ou d’attraper le cancer. Ce sont des personnes qui ont déjà un cancer, que nous avons opérées, et nous craignons que des métastases se développent », précise le Pr. Caroline Robert, cheffe du service de dermatologie à l’hôpital Gustave Roussy.
À ce stade, cette innovation montre des résultats encourageants pour le mélanome. Des études sont également en cours pour d’autres types de cancers, tels que ceux des poumons, du pancréas, de la vessie, du côlon et ORL. « C’est un espoir nouveau qui se déploie », affirme Pr. Jean-Yves Blay, président d’Unicancer – Fédération des centres de lutte contre le cancer.
Cependant, ce vaccin reste encore à l’état expérimental et coûte plusieurs centaines de milliers d’euros. Sa disponibilité en France n’est pas attendue avant 18 mois. En attendant, la meilleure prévention contre le mélanome reste d’éviter une exposition au soleil sans protection.
Source : Franceinfo



