Les avancées ne sont pas à la hauteur : à l’UTMB, les paradoxes de l’adaptation de la grand-messe de l’ultra-trail
En 2025, plus de 2 300 personnes ont pris le départ de l’épreuve reine de 174 kilomètres de l’Ultra-trail du Mont-Blanc (UTMB). Cette compétition attire chaque année près de 10 000 participants, désireux de décrocher leur dossard pour ce qui est souvent décrit comme la « course de trail running la plus mythique et la plus prestigieuse au monde ». Environ 2 500 coureurs s’élanceront cette année autour du Mont-Blanc, après une semaine de sept autres courses.
Cependant, l’événement est devenu le symbole des dérives d’un « sport ultra-mondialisé », selon le sociologue Olivier Bessy. Les conséquences de l’UTMB sur les sols et la biodiversité, bien que peu documentées, suscitent des préoccupations croissantes. De plus, l’événement contribue à la saturation de Chamonix, un phénomène récemment dénoncé par le maire François-Xavier Laffin.
L’UTMB est également pointée du doigt pour son empreinte carbone. En 2024, la compétition a généré 18 600 tonnes d’équivalent CO2, équivalent à l’empreinte carbone annuelle moyenne de 2 000 Français. La majorité de ces émissions provient des déplacements des athlètes et des spectateurs, représentant 89 % des émissions en 2025. Benjamin Aidan, vice-président de Protect our winters France, indique que 84 % des émissions liées aux transports proviennent des 25 % de coureurs extra-continentaux, avec près de 100 000 personnes attendues à Chamonix durant la semaine de l’événement.
Pour répondre à ces enjeux, l’UTMB Group a annoncé en 2025 un objectif de réduction de 20 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Fabrice Perrin, directeur sport et RSE de l’UTMB, a affirmé que l’organisation prend conscience de son impact et cherche à le réduire. Cependant, des avancées jugées insuffisantes par Olivier Bessy soulignent que ces efforts ne sont pas à la hauteur des enjeux environnementaux.
Des initiatives ont été mises en place, telles qu’un « boost mobilité durable » pour favoriser les participants s’engageant à limiter leurs déplacements aériens. Toutefois, des critiques persistent concernant la contribution carbone obligatoire instaurée pour financer des projets de transition climatique, souvent perçue comme un permis de polluer.
Le circuit mondial de l’UTMB, lancé en 2022, permet aux coureurs de gagner des points pour se qualifier à la finale, incitant ainsi à des déplacements internationaux. Des voix s’élèvent pour demander une réflexion sur ce modèle, notamment en limitant le nombre de participants ou en organisant l’événement tous les deux ans.
Les évolutions de l’UTMB, bien que présentes, semblent insuffisantes face aux enjeux environnementaux croissants. Benjamin Aidan rappelle qu’il existe une « énorme marge de progression » pour que l’UTMB montre l’exemple dans le domaine de la responsabilité écologique.
Source : Vert



