Usine autonome : Safran, Forvia et Renault dessinent leur 2030

Usine autonome : Safran, Forvia et Renault dessinent leur 2030

C’est l’une des tables rondes les plus attendues du Tech For Industry Show, organisé les 23 et 24 juin à Paris Expo Porte de Versailles. Trois représentants de l’industrie française, chez Safran, Forvia et Renault, ont répondu aux questions d’Accenture sur leur feuille de route vers l’usine autonome. Chaque intervenant a présenté ses initiatives concrètes, les obstacles rencontrés et les ajustements envisagés.

Max Blanchet, Senior Managing Director chez Accenture, a introduit la discussion en se basant sur une enquête menée auprès de plus de 500 directeurs d’usines. Les attentes pour l’usine de 2030 se résument à trois exigences principales : augmenter l’agilité pour industrialiser plus rapidement de nouveaux produits, asr une flexibilité face aux variations de la demande ou de l’approvisionnement, et maintenir un taux d’utilisation élevé des actifs. Ce dernier aspect est crucial, car une fluctuation de la demande entraîne une sous-utilisation des machines. L’objectif est d’atteindre des équipements capables de produire une variété de produits en continu.

Safran : l’ère des POC est terminée, place aux archétypes

Safran, avec ses 11 entreprises et plus de 220 usines à travers le monde, fait face à une complexité exceptionnelle. L’entreprise gère 200 programmes variés, 5 000 fournisseurs et 60 000 opérateurs. La standardisation à grande échelle représente un défi majeur.

La première phase de transformation, entamée il y a cinq ans, a porté sur la continuité numérique, avec le déploiement de systèmes de gestion du cycle de vie des produits (PLM), d’ERP nouvelle génération et de systèmes d’exécution de la fabrication (MES). La phase actuelle se concentre sur la smart automation, visant des gains de productivité de 30 à 40 %, contre 5 à 10 % pour la digitalisation seule.

Pour rationaliser les processus, Safran a abandonné le terme « preuves de concept » (POC). Frédéric Vetil, VP Digital Transformation Operations 4.0, a souligné l’importance d’un double pilotage : un responsable métier et un responsable IT travaillant en étroite collaboration.

Forvia : le lean d’abord, le digital ensuite

Forvia, équipementier automobile, a mis en place un système MES dans ses 200 usines en cinq ans. L’accent est mis sur le lean, un système d’excellence opérationnelle, avant d’intégrer des capacités digitales telles que l’intelligence artificielle et l’inspection qualité automatisée.

Le rôle des planificateurs évolue, passant de la génération d’ordres de lancement à la supervision d’une IA chargée de cette tâche. Forvia mise sur la formation des directeurs d’usines, considérant leur engagement essentiel pour le succès des transformations.

Renault : 20 000 équipements connectés, et la prochaine étape ce sont les humanoïdes

Renault a initié son travail sur la donnée industrielle en 2016, avec un déploiement de plus de 20 000 équipements connectés sur 22 usines. L’entreprise a constaté un retour sur investissement inférieur à un an pour l’ensemble des projets, avec des gains significatifs en qualité et en efficacité énergétique.

Le « métaverse industriel » de Renault permet une rétroaction en temps réel sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Pour 2030, Renault prévoit d’achever le déploiement de son métaverse, d’étendre son écosystème de données et de déployer des robots humanoïdes, avec 300 à 350 unités attendues d’ici 2027.

Ces initiatives illustrent comment le secteur automobile français se prépare à relever les défis de l’avenir, tout en intégrant des technologies avancées et en optimisant ses opérations.

Source : Accenture, Tech For Industry Show.

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