Stress, mauvaise humeur. Ce que dit une nouvelle étude sur l'usage excessif d'Internet – L'Express

Stress, mauvaise humeur. Ce que dit une nouvelle étude sur l’usage excessif d’Internet

Une étude de l’université de Duisbourg-Essen, publiée le 29 juillet dans le journal PLOS One, révèle que l’usage excessif d’Internet peut altérer l’humeur et engendrer du stress. Les chercheurs soulignent que le problème ne réside pas uniquement dans le temps passé en ligne, mais dans la difficulté à contrôler cet usage, qui peut nuire aux activités quotidiennes comme le travail, le sommeil ou les relations sociales.

L’étude a suivi 900 adultes allemands âgés de 18 à 65 ans, utilisateurs de jeux vidéo, de réseaux sociaux, de pornographie ou de sites d’achat. Les participants ont été classés selon trois catégories : usages non problématiques, à risque ou pathologiques. Pendant quatorze jours, leurs humeurs, niveaux de stress, envies de se connecter, ainsi que le temps passé en ligne et les activités négligées ont été évalués, totalisant 11 139 questionnaires.

Le résultat le plus significatif montre que l’envie de se connecter est un meilleur indicateur de l’usage qu’une mauvaise humeur ou du stress. Plus cette envie était forte, plus le temps passé en ligne augmentait, entraînant une négligence des autres activités. Les chercheurs notent qu’après une journée difficile, le cerveau associe l’activité en ligne à une satisfaction rapide, ce qui renforce l’habitude.

Les participants classés comme pathologiques passaient en moyenne 2 heures et 41 minutes en ligne les jours de connexion, contre 2 heures et 9 minutes pour ceux à risque et 1 heure et 29 minutes pour le groupe non problématique. Ce dernier groupe rapporte une humeur plus stable et un stress moins élevé.

L’étude met en garde contre un procès général d’Internet, affirmant qu’un temps de connexion élevé ne signifie pas nécessairement un usage pathologique. La clé réside dans la perte de contrôle sur cet usage et les conséquences qui en découlent.

Les données indiquent que les jours de mauvaise humeur, la tentation de se connecter, la durée d’usage et la négligence augmentent, sans que l’activité en ligne ne répare réellement cette humeur. Selon Silke Müller, coauteur de l’étude, une petite partie des internautes développe des comportements pathologiques, et Internet peut rester une source de plaisir tant qu’il ne remplace pas les interactions sociales et les obligations.

Les chercheurs suggèrent que la prévention devrait se concentrer sur l’identification des moments de tentation, plutôt que sur une interdiction abstraite des écrans.

Source : L’Express.

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