Ursula Von der Leyen au Groenland : l’Union européenne renforce son offensive face aux ambitions de Donald Trump
L’Union européenne marque son territoire au Groenland. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se rend ce week-end à Nuuk, la capitale de cette terre autonome danoise, accompagnée du commissaire aux partenariats internationaux Jozef Sikela et de la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Elle doit y annoncer une nouvelle enveloppe de 200 millions d’euros pour les années 2026 et 2027, renforçant ainsi la présence de Bruxelles après la défaite de Donald Trump, qui avait exprimé des ambitions pour cette île arctique au début de son mandat.
L’annonce, attendue dimanche, avait été rapportée par le Financial Times le 4 septembre. Les fonds seront destinés à développer des matières premières critiques, les énergies renouvelables, les câbles sous-marins, les communications par satellite et les centres de données. Une partie de l’argent devrait également être allouée au gouvernement groenlandais pour renforcer ses capacités administratives. Le déplacement de l’élue allemande a été initialement prévu plus tôt dans l’année, mais a été repoussé en raison des élections anticipées au Danemark.
Sa venue intervient alors que Bruxelles cherche à resserrer ses liens avec Nuuk. Ursula von der Leyen doit également signer une déclaration sur le développement des relations économiques entre l’Union et le territoire arctique, qui compte environ 57 000 habitants. Cette nouvelle enveloppe de 200 millions d’euros fait suite à 225 millions d’euros déjà prévus par l’Union européenne pour le Groenland sur la période 2021-2027. Les Vingt-Sept envisagent d’augmenter ce soutien à 530 millions d’euros pour les années 2028-2034, selon le Financial Times, en fonction des discussions sur le prochain budget européen.
L’UE cherche ainsi à affirmer sa présence dans l’Arctique. Une nouvelle politique européenne dédiée à cette région sera présentée plus tard cette année, visant à rapprocher les investissements économiques des questions de sécurité et de défense, tout en développant les infrastructures de communication et la résilience des populations locales.
Le Groenland, qui dispose d’un statut particulier d’autonomie au sein du Royaume du Danemark, ne fait pas partie de l’Union européenne, mais bénéficie de celui de pays et territoire d’outre-mer associé. L’Union s’intéresse particulièrement à ses ressources. Depuis un accord de coopération conclu en 2023 sur les matériaux critiques, l’Union soutient deux projets miniers, dont celui de Malmbjerg, consacré au molybdène, un métal recherché par l’industrie de la défense.
Derrière le renforcement des liens entre Bruxelles et Nuuk se dessine également la question américaine. Donald Trump avait évoqué une prise de contrôle du Groenland lors de son premier mandat et avait menacé d’annexer l’île. Le Groenland avait même discrètement préparé des mes en janvier 2026 pour faire face à une éventuelle opération militaire américaine. Toutefois, Trump a finalement infléchi sa position cette année, après que les pays européens ont exprimé leur volonté de défendre le territoire.
Le déplacement d’Ursula von der Leyen intervient également peu après le rejet, par référendum, de la reprise des négociations d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne. Dans ce contexte, le Groenland apparaît comme un terrain stratégique pour l’Union, cherchant à avancer ses pions face aux ambitions américaines.
Source : L’Express

