Uranus et Neptune pourraient cacher un océan de magma
Des planétologues de l’UCLA, l’université de Californie à Los Angeles, ont récemment soumis un article au célèbre Astrophysical Journal proposant une hypothèse surprenante : Uranus et Neptune pourraient avoir un océan de magma à l’intérieur. Cette proposition repose sur des simulations numériques visant à déterminer la composition interne et les processus en cours dans ces deux planètes, traditionnellement qualifiées de « géantes de glace ».
Les chercheurs ont cherché à résoudre des énigmes entourant la classification de ces planètes, souvent décrites comme ayant une atmosphère d’hydrogène et d’hélium recouvrant un manteau de « glaces » composé d’eau, d’ammoniac et de méthane, ainsi qu’un noyau rocheux en profondeur.
Des géantes gazeuses et de glace
Les premiers modèles de ce type, développés dans les années 1940 et 1950 par l’astronome Rupert Wildt, avaient été conçus pour expliquer l’intérieur des planètes comme Jupiter et Saturne. Ces modèles décrivent un petit noyau rocheux entouré d’une épaisse couche de glaces et d’une atmosphère fluide majoritairement composée d’hydrogène et d’hélium. Pour Uranus et Neptune, ces modèles ont été adaptés pour inclure un manteau solide glacé plus important.
Actuellement, ces deux planètes contiennent environ 20 % d’hydrogène et d’hélium en masse, contrairement à Jupiter et Saturne, qui en contiennent plus de 90 %.
Un océan de magma global ?
Le nouveau modèle proposé par les chercheurs s’ajuste mieux aux données de la mission Voyager 2, qui a visité Uranus et Neptune à la fin des années 1980. Il suggère que l’intérieur de ces géantes pourrait effectivement être constitué d’un océan de magma. En surface, une atmosphère d’hydrogène et d’hélium transporte la chaleur vers la haute atmosphère, tandis qu’un océan de magma, composé de silicate, de fer et d’hydrogène, pourrait se trouver plus en profondeur.
Les résultats de cette étude pourraient être validés par des missions futures, telles que l’Uranus Orbiter and Probe (UOP) et Neptune Odyssey, qui viseraient à étudier ces planètes et leurs lunes.
Cette recherche a également des implications plus larges, car Uranus et Neptune pourraient servir de modèles pour comprendre les exoplanètes de type sous-Neptune, qui sont fréquentes dans la galaxie mais absentes de notre Système solaire sous une forme comparable.
Source : UCLA, Astrophysical Journal
