Le rêve américain d’une Suissesse rattrapé par les taxes de Donald Trump
Installée dans le Wisconsin, Jacqueline Judd venait tout juste d’ouvrir une boutique dédiée aux produits helvétiques lorsqu’une nouvelle réalité s’est imposée à elle : la hausse des droits de douane américains. Ce défi inattendu met à l’épreuve cette entrepreneuse expatriée.
Jacqueline Judd a toujours rêvé d’avoir son propre magasin. En 2007, elle a découvert une offre d’emploi dans un restaurant de New Glarus, une communauté d’émigrés suisses. Avec quelques mots d’anglais et beaucoup de courage, elle s’est envolée pour les États-Unis. New Glarus, fondée en 1845 par des immigrants originaires de Glaris, est connue pour ses racines helvétiques, et chaque année, elle célèbre la «Swiss Volksfest».
En 2012, le couple qu’elle forme avec son mari a émigré à New Glarus. Jacqueline a commencé sa carrière dans une pension pour chiens, gravissant les échelons jusqu’à devenir responsable de l’établissement. En 2016, elle a travaillé dans une boutique de souvenirs, qu’elle a ensuite dirigée. Son rêve de posséder sa propre boutique s’est concrétisé en 2025 lorsqu’elle a repris le «Schwizerlädeli», un commerce de produits suisses.
Cependant, la situation s’est compliquée peu après son installation. À peine quelques mois après avoir ouvert son magasin, elle a dû faire face à l’augmentation des droits de douane imposés par le président Trump. Ces restrictions ont gravement entravé ses possibilités d’approvisionnement. En septembre et octobre 2025, ses fournisseurs suisses n’ont pratiquement rien expédié, ce qui a mis son activité en péril.
Les difficultés d’importation ont conduit à une incertitude persistante. Parfois, des expéditions limitées étaient possibles, mais d’autres fois, les livraisons ne pouvaient se faire qu’à des tarifs exorbitants via FedEx. À la fin de l’année, Jacqueline se retrouvait avec des stocks presque vides, ne lui restant que quelques articles exposés en magasin.
«Il y a des articles dont je sais qu’ils se vendent bien, mais que je n’arrive tout simplement pas à me procurer», explique-t-elle. Sa situation financière est devenue plus difficile que prévu, mais elle reste déterminée à poursuivre son activité et envisage même de se verser un salaire cette année.
La boutique «Jackie’s Imports» propose une large gamme de produits, allant des souvenirs suisses classiques aux vêtements traditionnels comme les dirndls, bien que ces derniers ne proviennent pas de Suisse. La clientèle de Jacqueline se compose principalement de touristes américains, avec une diminution notable du nombre de touristes suisses dans la région ces dernières années.
Jacqueline Judd continue de s’investir dans sa communauté tout en préservant ses racines suisses. Elle souligne l’importance de faire connaître ses origines helvétiques dans un contexte où les défis économiques se multiplient.
Source : SWI swissinfo.ch