Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? Le combat d’une sexothérapeute pour les jeunes trans en milieu rural
L’accompagnement des personnes trans en milieu rural franchit une étape décisive avec la création du réseau « La Passerelle » dans le Gers. Né d’une recherche universitaire, ce collectif vise à rompre l’isolement et à renforcer les liens locaux. Explications avec sa fondatrice, Nathalie Estingoy.
Nathalie Estingoy évoque une phrase marquante de son enfance : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une fille pareille ? » Cette réflexion a nourri son engagement pour l’autodétermination des jeunes, en particulier ceux qui se sentent en marge. Adolescente à Mirannes, elle a développé un intérêt pour les adolescents en quête de compréhension.
Après une expérience dans l’insertion professionnelle et l’enseignement, elle a œuvré à la Ligue de l’enseignement du Gers, où elle a mené des missions sur la lutte contre le décrochage scolaire et les discriminations.
Avoir moins de 25 ans et être trans en milieu rural
Aujourd’hui, en tant que sexothérapeute, elle accompagne des adolescents et des adultes, en mettant l’accent sur les personnes LGBTQIA+ et les victimes de violences sexistes. Ses recherches ont duré quatre ans et ont été réalisées dans le cadre d’un DUFES et d’un master AGAPES, portant sur l’accompagnement des jeunes trans de moins de 25 ans en milieu rural.
Une démarche inédite, officiellement lancée le 20 juin
La création du réseau « La Passerelle », lancée le 20 juin 2026, est une première en France. Ce réseau a pour but de créer des liens entre les personnes concernées, les professionnels et les proches, notamment les parents de mineurs trans. En milieu rural, l’accès à l’information et aux ressources est souvent limité, d’où l’importance de cette initiative.
Nathalie Estingoy souligne que « L’errance est si inconfortable… Notre objectif est simple : faire circuler l’information et lutter contre l’isolement. » Le collectif, composé de trois personnes trans, de deux parents et de plusieurs associations et professionnels, entend offrir un soutien adapté et accessible.
Lors de la marche des fiertés, elle a remercié toutes les personnes impliquées dans cette initiative et celles qui souhaitent rejoindre le projet.
Source : La Dépêche.
