Une salle de production de froid extrême s’ouvre à Toulouse, atteignant -180 °C.

Sous un site de Toulouse s'ouvre une salle de 10 mètres où l'on fabrique un froid de -180 °C avant de le faire basculer à +150 °C

Sous Toulouse, une machine qui recrée l’enfer et la glace de l’espace

Dans les sous-sols d’un site toulousain dédié à l’aérospatial, une salle d’environ 10 mètres de long abrite un équipement capable de faire chuter la température jusqu’à -180 degrés Celsius, avant de la faire remonter à +150 degrés en un temps record. Cet outil, nommé Large Space Simulator, est essentiel pour préparer les satellites à leur mise en orbite, répondant à des exigences industrielles et scientifiques cruciales.

Un défi thermique pour les satellites

Sur Terre, l’atmosphère joue un rôle de tampon thermique, limitant les écarts de température. En revanche, dans l’espace, un satellite subit des variations extrêmes, oscillant entre des températures élevées dépassant 150 degrés Celsius et un froid glacial atteignant -180 degrés Celsius. Ces changements se produisent à chaque révolution, parfois plusieurs fois par jour, et peuvent engendrer des chocs thermiques orbitaux. Ces conditions peuvent fragiliser les matériaux et perturber les instruments de précision, rendant indispensable la simulation de ces environnements extrêmes avant le lancement.

La technologie derrière le Large Space Simulator

La salle abrite une cuve cylindrique qui peut accueillir un satellite de taille réelle. À l’intérieur, un système de parois thermiquement actives permet de contrôler la température rapidement et avec précision. Pour atteindre les -180 degrés, un système de circulation d’azote liquide refroidit les parois, tandis que des lampes puissantes et des résistances chauffantes simulent les conditions d’exposition directe au soleil pour atteindre +150 degrés.

Reproduction du vide spatial

Pour imiter les conditions de l’espace, un vide poussé est également créé. Des pompes industrielles retirent l’air de la cuve jusqu’à atteindre une pression minimale, semblable à celle observée en orbite. Ce vide modifie la façon dont la chaleur se propage, la rendant uniquement par rayonnement et conduction, ce qui est essentiel pour des tests précis.

Protocole de qualification

Les tests effectués dans cette installation sont cruciaux pour l’autorisation de vol des satellites. Aucun engin spatial ne peut décoller sans avoir subi ces épreuves, qui constituent une forme d’examen final. Les cycles thermiques répétés, surveillés par des capteurs, permettent de détecter toute faiblesse avant que le satellite n’entre en orbite.

Exigences spatiales françaises

Cette infrastructure toulousaine est stratégique pour la fiabilité des missions spatiales européennes, permettant de qualifier les satellites dans des conditions proches de celles qu’ils rencontreront en orbite. Elle illustre l’importance des détails techniques dans la conquête spatiale, préparant les engins à affronter les rigueurs de l’espace.

Source : SciencePost.

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *