Une protéine de tardigrade pourrait réduire les dommages des radiations sur les cellules humaines
Une étude récente a révélé qu’une seule protéine, nommée Dsup, extraite des tardigrades, pourrait réduire significativement les effets des radiations sur les cellules humaines. Les tardigrades, également connus sous le nom d’oursons d’eau, sont des organismes réputés pour leur capacité à survivre dans des conditions extrêmes, y compris des doses de rayonnements mortelles pour l’homme.
Contexte factuel
Les tardigrades peuvent supporter des niveaux de radiation allant de 4 000 à 5 000 grays, tandis qu’une exposition de seulement 5 grays est souvent fatale pour les humains. Les chercheurs ont longtemps pensé que cette résistance exceptionnelle était due à des mécanismes de réparation de l’ADN. Cependant, il s’avère que la protéine Dsup agit en amont pour prévenir les dommages plutôt que de les réparer.
Dsup, qui signifie « Damage Suppressor », protège le matériel génétique du tardigrade en s’enroulant autour de l’ADN et en créant une barrière électrostatique contre les particules ionisantes. Ce mécanisme a été comparé à un pare-brise qui absorbe l’impact d’une collision, plutôt qu’à une colle appliquée après celle-ci.
Données ou statistiques
Une étude menée par Takuma Hashimoto et ses collègues de l’université de Tokyo en 2016 a démontré que des cellules humaines modifiées pour produire Dsup ont montré une réduction de 40 % de la fragmentation de l’ADN après exposition aux rayons X. De plus, ces cellules ont conservé leur capacité à se diviser normalement après une irradiation de 4 grays.
Les recherches sur Dsup ne se limitent pas aux radiations. Les cellules exposées à du peroxyde d’hydrogène, un agent générant des radicaux hydroxyles, ont également révélé une fragmentation réduite de l’ADN, indiquant que Dsup protège contre les dommages directs et indirects.
Conséquence directe
L’application de cette découverte pourrait avoir des implications significatives dans le domaine médical, notamment pour améliorer la radiothérapie, qui, bien qu’efficace contre les cellules cancéreuses, endommage également les tissus sains. L’idée serait d’administrer Dsup aux tissus sains avant le traitement pour minimiser les effets secondaires.
Les recherches sur cette protéine sont encore au stade préclinique, et aucun traitement dérivé de Dsup n’est actuellement approuvé pour une utilisation humaine.
Source : Futura Sciences



