Le Soleil a un interrupteur, et nous savons le lire
L’activité solaire extrême s’arrête brusquement à un moment précis de chaque cycle. C’est la découverte présentée le 20 juillet 2026 par Sandra Chapman, professeure de physique et directrice du Centre for Fusion, Space and Astrophysics à l’Université de Warwick, lors du National Astronomy Meeting de la Royal Astronomical Society à Birmingham.
À un instant reproductible de chaque cycle, qui dure environ onze ans, les événements les plus violents, tels que les éjections de masse coronale et les tempêtes géomagnétiques, cessent soudainement. « Le Soleil ne glisse pas en douceur vers le sommeil avant de se réveiller progressivement. La météo spatiale la plus extrême s’éteint de manière très soudaine », a déclaré Sandra Chapman.
Pour identifier ce signal, Chapman et son co-auteur Thierry Dudok de Wit, chercheur au CNRS et à l’Université d’Orléans, ont développé un outil nommé « sunclock ». Cet outil utilise une transformation mathématique pour uniformiser les cycles solaires, permettant de révéler un schéma invisible à l’œil nu après avoir superposé quatorze cycles.
L’étude fondatrice, publiée dans Scientific Reports en avril 2024, a montré que le point d’extinction se produit lorsque plus de 90 % des régions actives du Soleil ont migré en dessous de 15 degrés de latitude solaire. À ces latitudes, la rotation différentielle du Soleil, qui est responsable des éjections de masse coronale, s’affaiblit. Lorsque ce moteur faiblit, les tempêtes s’arrêtent.
Le nombre de taches solaires présentes à ce moment précis est corrélé à l’intensité du cycle suivant, permettant aux scientifiques de prédire l’activité solaire six à sept ans avant le prochain pic, un délai sans précédent. La méthode a été validée par des prévisions récentes, qui ont correctement anticipé que le Cycle Solaire 25 serait plus puissant que prévu, alors que le consensus du Space Weather Prediction Center (NOAA) tablait sur un pic à 115 taches solaires.
Les conséquences de ces tempêtes peuvent être significatives. En février 2026, une éruption de classe X4.2 a provoqué un blackout radio sur le sud de l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, illustrant l’impact potentiel de l’activité solaire sur notre infrastructure.
Sandra Chapman a également fourni une estimation préliminaire pour le Cycle 26, publiée dans The Astrophysical Journal en mai 2026, indiquant un pic modéré entre 100 et 120 taches solaires, comparable au cycle actuel ou légèrement plus faible. Cette prévision se précisera dans environ deux ans, lorsque le Cycle 25 atteindra son point d’extinction.
Source : Les Numériques, 20 juillet 2026.


