Oubliez la plus célèbre découverte sur la matière noire
Depuis près de trois décennies, un signal mystérieux capté dans les profondeurs de l’Italie a divisé la communauté scientifique mondiale. De nombreux physiciens espéraient y voir la preuve directe de l’existence de la matière noire, cette substance invisible qui représente l’essentiel de la masse de l’univers. Cependant, une récente étude menée par une jeune chercheuse de l’Université de Yale a mis fin à ce débat. En croisant les données de deux laboratoires souterrains situés aux antipodes, elle a démontré que ce signal n’était qu’une illusion, une découverte publiée dans la revue Physics Review Letters.
L’expérience initiale, DAMA/NaI, lancée en 1997 sous les montagnes du Gran Sasso, avait enregistré une variation annuelle dans ses mes. Selon les chercheurs, cette fluctuation correspondait à la théorie selon laquelle la Terre traverse un halo de matière noire. Cependant, cette affirmation a rapidement été confrontée à un scepticisme croissant, car les résultats contredisaient d’autres dispositifs de détection et des modèles théoriques établis.
Pour résoudre ce mystère, deux projets, COSINE-100 et ANAIS-112, ont été initiés. COSINE-100 a été inauguré en 2016 en Corée du Sud, et ANAIS-112 a été lancé en 2017 en Espagne. Ces projets ont utilisé le même type de détecteurs que l’expérience italienne, avec des protocoles d’analyse modernes pour minimiser les erreurs de détection.
Sophia Hollick, diplômée du laboratoire Wright de Yale, a fusionné et analysé les données de ces deux installations. Son analyse a révélé qu’aucune trace de la modulation annuelle n’était présente, écartant ainsi l’hypothèse de la matière noire comme explication du signal de DAMA/LIBRA. Ce résultat indique que les chercheurs italiens avaient probablement détecté une anomalie terrestre, et non un phénomène cosmique.
Cette conclusion a été accueillie comme une libération par la communauté scientifique. La professeure Reina Maruyama, responsable de COSINE-100, a souligné que cette avancée permettrait aux chercheurs de se concentrer sur la recherche de signaux authentiques plutôt que de poursuivre une illusion. Les détecteurs à iodure de sodium pourront désormais être réorientés pour explorer d’autres candidats à la matière noire.
En plus de la prouesse scientifique, cette résolution illustre l’importance de la collaboration internationale dans la recherche. L’engagement de Sophia Hollick en Espagne pendant trois ans a renforcé les liens entre les communautés scientifiques européenne et américaine.
Source : SciencePost



