Une nouvelle cible thérapeutique contre la tuberculose identifiée par des équipes lilloises
La tuberculose (TB) demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière à l’échelle mondiale, représentant un défi majeur en santé publique, surtout face à l’émergence de souches multirésistantes et ultrarésistantes. Le prétomanide, récemment autorisé sur le marché, est désormais utilisé en association avec d’autres antituberculeux pour traiter les formes résistantes de la maladie. Cependant, son emploi a rapidement été suivi par l’apparition de nouvelles résistances.
Dans ce contexte, les équipes dirigées par Nicolas Willand au Drug Discovery Center de l’Université de Lille et Alain Baulard au Centre d’Infection et d’Immunité de Lille (CIIL) ont identifié de petites molécules capables d’augmenter l’efficacité du prétomanide sur des souches sensibles et résistantes. Ces chercheurs ont non seulement optimisé l’efficacité de ces composés, mais ont également mis en lumière leurs mécanismes d’action. Les molécules ciblent l’enzyme mycobactérienne Rv2073c, essentielle à la biosynthèse de la paroi bactérienne. En inhibant cette enzyme, la synthèse des arabinanes est bloquée, entraînant ainsi la mort de la bactérie.
Ces travaux soulignent Rv2073c comme une vulnérabilité critique de Mycobacterium tuberculosis, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour améliorer l’efficacité des traitements antituberculeux et lutter contre l’antibiorésistance.
Source : Djaout K et al., NPJ Antimicrob Resist, 2026. doi:10.1038/s44259-026-00201-y
