Un impact de météorite à l’origine de la Terre boule de neige

Un impact de météorite à l’origine de la Terre « boule de neige »

Des paysages gelés à perte de vue, des températures moyennes de – 60 °C : la Terre a connu plusieurs périodes où elle était presque entièrement recouverte de glace, notamment durant le Cryogénien, entre 720 et 635 millions d’années. Ce phénomène, désigné par le terme de Terre « boule de neige », soulève des interrogations sur ses causes. Divers mécanismes ont été proposés, tels qu’une insolation réduite de 6 %, l’érosion continentale diminuant le dioxyde de carbone (CO₂) atmosphérique, ou encore le rejet d’aérosols volcaniques. Cependant, Minmin Fu de l’université Yale et ses collègues suggèrent une nouvelle hypothèse : les impacts de météorites.

Lorsqu’une météorite de taille suffisante frappe la Terre, notamment sur une plateforme carbonatée, elle peut libérer des aérosols soufrés (SO₂) et de la poussière dans la stratosphère. Ces particules augmentent l’albédo de l’atmosphère, entraînant une réduction de la température moyenne, phénomène connu sous le nom d’« hiver d’impact ». Un exemple marquant est l’impact survenu il y a 66 millions d’années, à la fin du Crétacé, qui a contribué à l’extinction des dinosaures non aviens.

Pour évaluer l’effet d’un tel impact sur la formation d’une Terre boule de neige, les chercheurs ont utilisé un modèle numérique climatique avec différentes conditions initiales correspondant à diverses époques : ère préindustrielle (environ 300 ppm de CO₂), dernier maximum glaciaire d’il y a 21 000 ans (190 ppm de CO₂), Crétacé (environ 1 140 ppm de CO₂) et Cryogénien (1 500 ppm ou 750 ppm de CO₂ avec une insolation réduite). Ils ont élaboré trois scénarios de rejets de SO₂ liés à un impact : 6,6, 200 (le plus plausible) et 2 000 gigatonnes.

Les résultats montrent une augmentation significative de l’étendue de la glace de mer en quelques années dans la plupart des scénarios. Toutefois, dans les scénarios avec au moins 200 gigatonnes de SO₂, des simulations indiquent la formation d’une couverture glaciaire presque intégrale en une décennie, avec des épaisseurs de glace atteignant plus de 10 mètres à l’équateur. Cela suggère qu’un impact de météorite, dans des conditions initiales suffisamment froides, pourrait déclencher une Terre boule de neige, bien que cela ne soit pas suffisant à lui seul.

Les chercheurs estiment qu’il y a 53 % de chances qu’un objet de taille adéquate se soit écrasé à un endroit propice aux rejets d’aérosols au cours des 2,5 derniers milliards d’années. Actuellement, aucune trace d’impact météoritique n’a été identifiée pour les périodes de Terre boule de neige, et même si un tel impact avait eu lieu, son cratère aurait probablement disparu en raison de l’érosion ou de la tectonique des plaques. Cependant, des indices, comme une faible quantité de sédiments glaciaires et des concentrations élevées en iridium dans les dépôts de cette époque, pourraient soutenir cette hypothèse.

Source : Pour la Science

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