Vieillir sans redevenir invisible : une maison du Tarn pour les seniors LGBT
Loin des structures collectives traditionnelles, Thierry et Aymerick accueillent des personnes âgées directement sous leur toit, à Saint-Benoît-de-Carmaux (Tarn). En ouvrant leur foyer aux seniors LGBT, le couple propose une solution d’hébergement encore méconnue où l’on peut vieillir dignement, sans jamais avoir à se cacher.
À première vue, la villa Helenika semble être une maison comme tant d’autres, où l’on partage les repas et les gestes du quotidien. Cependant, Thierry, accueillant familial depuis cinq ans, offre une alternative à l’hébergement en établissement. Ce cadre familial permet aux personnes âgées de vivre chez eux tout en bénéficiant d’un accompagnement adapté à leurs besoins.
Depuis l’arrivée d’Aymerick, qui a rejoint Thierry après avoir travaillé dans les pompes funèbres en région parisienne, la maison a pris une nouvelle dimension. Ensemble, ils ont rénové l’espace pour créer un environnement accueillant, particulièrement bienveillant pour les seniors LGBT, souvent confrontés à l’isolement et à la nécessité de cacher leur orientation sexuelle.
Thierry a repris cette maison en 2021, après le décès de son frère, et peut accueillir jusqu’à trois personnes. L’accueil peut être permanent ou temporaire, et le cadre familial permet à chacun de partager la vie à son rythme. Actuellement, deux résidents, un homme de 97 ans et une femme de 63 ans, vivent dans la maison, qui n’est pas exclusivement réservée aux seniors LGBT.
Aymerick souligne que, bien que les lois aient évolué en faveur des droits LGBT, les mentalités mettent plus de temps à changer. « Cette maison est une démarche militante et politique », affirme-t-il. Les accueillants familiaux pour seniors LGBT restent rares en France, avec quelques initiatives comme une maison de la diversité à Lyon.
À Saint-Benoît-de-Carmaux, le couple a choisi d’ajouter une dimension supplémentaire à leur projet : permettre à chacun de se sentir chez soi sans avoir à dissimuler une partie de son identité. Avec la possibilité d’accueillir quatre personnes dans leur maison de 250 m², ils espèrent créer un espace où différentes histoires de vie peuvent se croiser, tout en garantissant que l’orientation sexuelle ne soit pas un critère d’entrée.
Cette initiative répond à un besoin croissant de solutions d’hébergement adaptées aux seniors, particulièrement ceux issus de la communauté LGBT, qui peuvent craindre de redevenir invisibles en vieillissant.
Source : La Dépêche

