La maison de retraite de La Bastide-de-Sérou ouvre une épicerie pour lutter contre l’isolement des aînés
La maison de retraite de La Bastide-de-Sérou, dans l’Ariège, a inauguré un projet novateur : un café-épicerie au sein de son établissement, visant à rassembler les résidents et les habitants de la commune. Ce commerce de proximité, intitulé « Café-Épicerie-Médiathèque », répond à un besoin pressant dans un village de moins de 1 000 habitants.
Au cœur de la résidence Gustave-Pedoya, l’inauguration a attiré de nombreux visiteurs de tous âges. « Des habitants nous ont demandé si nous allions vendre des fruits et légumes et si nous allions proposer des produits locaux », indique Vanessa Estève, directrice de l’Ehpad, soulignant l’intérêt croissant pour ce concept.
Un lieu d’expérimentation sociale
L’initiative d’ouvrir un commerce dans une maison de retraite est atypique. « Nous avons la responsabilité de créer des espaces qui favorisent la rencontre et le vivre-ensemble », explique Vanessa Estève. En effet, ce projet vise à offrir un espace de vie partagé, essentiel pour le bien-être des résidents. Des études, notamment celle de Robert Waldinger, professeur à Harvard, montrent que maintenir des liens sociaux peut avoir un impact positif sur la santé mentale et la longévité.
Inclure les personnes âgées dans la société
L’objectif de cette épicerie est double : favoriser le lien social et maintenir l’autonomie des résidents. « Au lieu de dépendre de leurs enfants pour faire des courses, ils pourront venir acheter eux-mêmes des produits », précise Estève. Ce projet, nommé « Bulle d’air », sera opérationnel à partir du 1er juillet 2026.
Cécile Fenaroli, maire de La Bastide-de-Sérou, souligne que cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à améliorer la qualité de vie des résidents. « Ce sont des citoyens à part entière », affirme-t-elle.
Les Ehpad face aux préjugés
Malgré les efforts déployés, de nombreux préjugés persistent autour des maisons de retraite, souvent perçues comme des « mouroirs ». Vanessa Estève insiste sur la nécessité de changer cette perception, en montrant que les Ehpad peuvent être des lieux de vie dignes et actifs.
Les ressources disponibles, y compris un centre médical local, sont essentielles pour asr un suivi de qualité aux résidents. La résidence est organisée en trois pavillons, permettant ainsi un suivi personnalisé et un lien de confiance entre le personnel et les résidents.
Cette initiative à La Bastide-de-Sérou pourrait servir de modèle pour d’autres établissements, en prouvant que l’intégration des personnes âgées dans la vie communautaire est non seulement bénéfique pour elles, mais aussi pour l’ensemble de la société.
Source : La Dépêche
