Une IA crée des virus inconnus : espoir contre les bactéries résistantes ou menace pour votre sécurité ?
Une étude récente publiée dans la revue Science révèle que l’intelligence artificielle (IA) pourrait jouer un rôle crucial dans la lutte contre les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques. En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté qu’une infection bactérienne confirmée en laboratoire sur six était résistante aux antibiotiques dans le monde. Cela souligne l’urgence de développer de nouvelles solutions face à des microbes qui évoluent souvent plus rapidement que les traitements disponibles.
Une IA qui apprend le « langage » de l’ADN
Les chercheurs ont utilisé des modèles de langage génomique, nommés Evo 1 et Evo 2, pour identifier les règles qui structurent l’ADN. Ces modèles fonctionnent de manière similaire à une IA générative, mais au lieu de créer des phrases, ils produisent des génomes viraux. En prenant comme référence le bactériophage ΦX174, les scientifiques ont généré des milliers de variantes génétiques. Parmi celles-ci, 285 ont été sélectionnées pour des tests en laboratoire, et 16 se sont révélées capables de se multiplier et de cibler efficacement des souches de bactéries.
Des virus artificiels contre les bactéries résistantes
Les chercheurs ont également testé si ces phages pouvaient attaquer des souches d’E. coli devenues résistantes au virus naturel ΦX174. Après plusieurs cycles d’infection, le cocktail de phages conçus par l’IA a réussi à les infecter, alors qu’un mélange de phages naturels n’a pas fonctionné. Ces résultats montrent que les virus créés par l’IA peuvent offrir de nouvelles options pour surmonter les défenses des bactéries résistantes.
Jusqu’où laisser l’IA concevoir le vivant ?
Bien que cette avancée soit prometteuse, elle soulève des questions éthiques et de sécurité. Les chercheurs ont veillé à exclure de leur modèle les virus pouvant infecter les cellules animales ou végétales, et les expériences ont été conduites dans des conditions de sécurité biologique strictes. À l’avenir, l’extension de ces technologies pourrait potentiellement accélérer le développement de traitements innovants, mais cela nécessitera des réglementations adéquates pour garantir la sécurité publique.
Source principale : OMS.



