Un forage perdu à 250 millions de kilomètres : la solution ingénieuse de la NASA
Les ingénieurs de la NASA ont récemment surmonté un défi technique majeur concernant le rover Curiosity, qui avait perdu l’usage de son foret. En décembre 2016, le moteur d’extension du foret est tombé en panne, rendant l’instrument inopérant après quinze forages réussis. Face à l’impossibilité de remplacer la pièce défectueuse ou d’appliquer une mise à jour logicielle, les équipes ont dû faire preuve d’ingéniosité pour relancer la mission.
Depuis son arrivée sur Mars en 2012, Curiosity a été capable de forer la roche martienne pour en extraire des échantillons, analysés par ses instruments embarqués. La panne du moteur d’extension, également connu sous le nom de feed mechanism, a paralysé la capacité du rover à manipuler son outil de forage. Les ingénieurs ont alors conçu une méthode appelée « Feed Extended Drilling » (FED), qui utilise le bras robotique du rover pour pousser directement la mèche contre la roche, avec un ajout de martelage.
Après dix-neuf mois d’interruption, cette technique a permis à Curiosity de réaliser 42 forages au total depuis son atterrissage. En août 2017, une première avancée a été réalisée lorsque les équipes ont réussi à commander l’extension complète du foret sur environ 110 millimètres. Ce résultat a ouvert la voie à une réflexion plus large pour contourner la panne.
La méthode FED a été comparée à celle d’un bricoleur utilisant une perceuse à bout de bras. Après avoir percé un trou de 50 millimètres de profondeur dans une roche nommée Duluth, une nouvelle technique de transfert d’échantillons a été développée, permettant de faire vibrer légèrement la poudre afin de la transférer vers les instruments d’analyse.
Cette situation met en lumière l’esprit d’adaptation nécessaire pour l’exploration martienne. Les ingénieurs ont su transformer une contrainte mécanique en une méthode de travail plus polyvalente. Ce cas illustre que sur Mars, la capacité d’innovation et l’intelligence collective sont souvent plus déterminantes que la technologie brute pour poursuivre l’exploration.
Source : SciencePost

