Cette famille de Haute-Loire ne va (presque) plus au supermarché

Cette famille de Haute-Loire ne va (presque) plus au supermarché

Quand Chloé ouvre les placards de sa cuisine, il n’y a aucun emballage plastique. Les longs bocaux en verre contiennent du taboulé, des haricots blancs et des céréales, tout en vrac. Dans le frigo, des petits pois du jardin attendent d’être cuisinés pour le repas du soir. Cette famille, qui vit en Haute-Loire, s’approvisionne exclusivement au marché, dans de petits commerces bio ou directement auprès de producteurs.

Il y a dix ans, Chloé, enseignante, et son mari Antoine, fonctionnaire, ont décidé de changer de mode de vie. « Avant, je ne me posais aucune question sur ce que je mangeais. Quand notre fils est né, je me suis demandé ce que je voulais lui faire manger », explique Chloé.

Le supermarché, c’est comme le métro

Pour cette famille, mieux manger passe par l’évitement des grandes surfaces. Chloé souligne : « Les supermarchés, c’est la déconnexion entre la vie nécessaire à produire ce qu’on mange et nous. On achète les produits sous emballages, ça ressemble bien plus à un produit industriel qu’à un produit vivant. » Depuis cette transition, elle a l’impression de s’être « rapprochée de la vie » et de mieux percevoir les aléas climatiques.

Son mari Antoine ajoute : « Quand je vais au supermarché, j’ai l’impression d’être dans le métro. On optimise, on va le plus vite possible. »

8 euros le kilo de pâtes

La famille s’approvisionne chaque semaine à l’Amap, une association qui relie consommateurs et producteurs locaux. Ici, ils trouvent des légumes, des pâtes et du poulet. Jean-Marc, un producteur, explique : « Les produits sont commandés six mois à l’avance, donc il y a un côté sécurisant pour nous, producteurs. » Le litre de lait entier bio est vendu à 1,20 euro, tandis que les pâtes coûtent près de 8 euros le kilo. « On n’arrive pas à toucher toutes les clientèles », reconnaît la productrice, qui note que certaines familles commencent à réaliser qu’elles font moins d’achats superflus en choisissant des produits de qualité.

Moins de vacances

Sur la route du retour, Chloé examine ses comptes : un budget de 300 euros par semaine est alloué aux courses pour quatre personnes. « On fait des choix, on part peut-être moins en vacances », confie-t-elle. Ce mode de vie nécessite également de passer une partie de leurs week-ends à préparer les repas. Chloé consacre deux heures le samedi et deux ou trois heures le dimanche à la cuisine, tandis qu’Antoine s’occupe des tâches ménagères pour faciliter cette organisation.

Quand leur fille Gabrielle était petite, elle chantait : « On ne va plus au supermarché ! ». Aujourd’hui, à 13 ans, elle exprime un désir d’expérimenter d’autres produits, comme ceux de ses amies, et se rend parfois seule dans les rayons d’un supermarché.

« On n’est pas extrémiste »

Bien que la famille ait modifié ses habitudes alimentaires, elle ne se considère pas comme extrémiste. Gabrielle ne mange pas ses biscottes préférées à la maison, mais elle a accès à un shampoing vendu en supermarché. Ils y vont également pour les croquettes de leur chat. « Il est important de ne pas être jusqu’au-boutiste. Le but n’est pas de se torturer, mais de se faire plaisir », souligne Chloé.

Les enfants expriment leur gratitude pour la qualité de leur alimentation. Gabrielle envisagera probablement de fréquenter les supermarchés à l’avenir, tandis que son frère Guilhem, qui part faire ses études en septembre, pourrait bien devoir s’adapter à ce nouveau mode de vie.

Source : Radio France

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