Une étude des vendanges sur 7 siècles révèle une explosion des années extrêmes :

Une étude des vendanges sur 7 siècles révèle une explosion des années extrêmes : « l’exceptionnel est devenu la norme »

Une étude unique au monde, basée sur sept siècles de vendanges en Bourgogne, prouve que le dérèglement climatique a entraîné une « explosion » des années « extrêmes », de plus en plus précoces, a expliqué un historien du climat à l’AFP.

L’étude, effectuée par Thomas Labbé, historien du climat et intervenant à l’Université de Bourgogne-Europe, concerne « la plus longue série » de dates de vendanges. Cette recherche a été publiée par la revue scientifique européenne Climate of the Past.

Grâce à des archives exceptionnelles remontant à 1354, Labbé a reconstitué plus de 670 ans de dates de vendanges à Beaune, capitale des vins de Bourgogne. Ses travaux révèlent une accélération spectaculaire des récoltes précoces, directement liée au réchauffement climatique.

Entre 1354 et 1719, les vendanges extrêmement précoces survenaient en moyenne tous les 17 ans. De 1720 à 1987, cet intervalle s’est allongé à 53 ans. Cependant, depuis 1988, ces épisodes se produisent tous les cinq ans, et depuis le début du XXIe siècle, près d’une fois tous les deux ans et demi. « On a une explosion des récurrences extrêmes », souligne M. Labbé.

Cette tendance se confirme en 2026, avec des vendanges pour le crémant ayant débuté le 8 août, établissant un nouveau record de précocité. Pour les vins non-effervescents, les premières récoltes sont attendues entre le 20 et le 25 août, sans toutefois battre le record historique de 1556, où les vendanges avaient commencé le 15 août après une sécheresse exceptionnelle.

Avant 1988, les vendanges précoces restaient des exceptions. Depuis cette date, considérée comme un tournant, la situation a radicalement changé. « Sur les dix années les plus chaudes depuis 1354, quatre appartiennent au XXIe siècle : 2003, 2018, 2020 et 2025 », précise l’historien, ajoutant que 2026 pourrait s’ajouter à cette liste.

Pendant six siècles, la date moyenne des vendanges à Beaune se situait autour du 27 septembre. Depuis 1988, cette date a reculé de trois semaines, atteignant en moyenne le 6 septembre sur la période 2009-2019. « Dans les deux dernières décennies, l’exceptionnel est devenu la norme », résume Thomas Labbé.

Selon ses recherches, 80 % des variations des dates de vendanges s’expliquent par les températures. En comparant avec les relevés parisiens, il a établi qu’un degré supplémentaire entraîne un décalage de dix jours dans les récoltes, et 1,5 degré, un décalage de 15 jours. Pour Labbé, ces données confirment « le réchauffement rapide de la planète à partir de 1988 », année marquée par une accélération du dérèglement climatique.

► avec AFP

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