En Chine, une entreprise condamnée pour avoir remplacé un employé par de l’intelligence artificielle
Les tribunaux du monde entier devront bientôt répondre à une question : une entreprise peut-elle licencier un salarié remplacé par l’intelligence artificielle ? Le tribunal de la ville de Hangzhou a répondu : « Non. »
La « cour populaire intermédiaire » de Hangzhou, située près de Shanghai, a tranché récemment dans une affaire opposant une société financière à l’un de ses employés, Zhou. Ce dernier avait été engagé pour contrôler la qualité des réponses fournies aux clients par des plateformes d’intelligence artificielle, afin de s’asr qu’il n’y avait pas d’erreurs ou de violations de la vie privée.
En 2025, la direction de l’entreprise a informé Zhou que ses fonctions seraient désormais assurées par une IA, lui proposant de changer de poste avec une réduction de salaire de 40 %. Refusant cette offre, Zhou a été licencié et a entamé des démarches judiciaires. La cour a jugé que son licenciement était illégal, ordonnant à l’entreprise de lui verser 260 000 yuans, soit environ 33 000 euros.
L’entreprise a justifié son licenciement par un « changement substantiel des circonstances économiques », un argument courant lors de fusions ou de catastrophes naturelles. Toutefois, le juge a précisé que le recours à l’intelligence artificielle était un choix économique de la direction, et non une fatalité. Ainsi, l’entreprise a le droit d’utiliser davantage d’IA, mais doit proposer des formations ou des emplois alternatifs à ses employés.
Cet arbitrage suscite de vives discussions en Chine, alors que de nombreuses entreprises intègrent l’intelligence artificielle dans leurs processus, menaçant potentiellement des millions d’emplois et engendrant un nombre croissant de procédures judiciaires.
Source : Franceinfo.
