Clever : une entreprise danoise sans hiérarchie qui emploie 500 personnes
Au Danemark, l’entreprise Clever se distingue par son modèle organisationnel sans chefs, visant à améliorer le sens au travail, l’autonomie, et à encourager l’innovation. Leader dans le secteur des bornes de recharge pour voitures électriques, Clever fonctionne avec des cercles autogérés, une structure mise en place par Casper Kirketerp-Møller, cofondateur de l’entreprise en 2012.
Ce modèle s’inscrit dans une culture nordique égalitariste où la hiérarchie est souvent minimisée. Kirketerp-Møller souligne l’importance de libérer le potentiel de chacun, surtout à l’ère de l’intelligence artificielle. « Dans cette nouvelle ère où l’IA va se charger de toute l’efficacité, je pense que ce sont les compétences humaines, le facteur humain, qui seront essentiels pour permettre aux entreprises de prospérer et d’innover à l’avenir », déclare-t-il.
Une structure horizontale et collaborative
La réorganisation de Clever a été motivée par la nécessité d’une plus grande réactivité et d’une simplification des processus décisionnels. Helge Hvid, professeur à l’Université de Roskilde, note que de nombreuses organisations souffrent d’une complexité excessive, rendant les décisions difficiles dans des structures très hiérarchiques. Les employés, notamment les plus jeunes, apprécient cette structure horizontale qui leur permet de s’impliquer davantage dans leur travail. En 2025, les titres de chef ont disparu, et chaque employé est devenu responsable et co-décisionnaire.
Kirketerp-Møller insiste sur le fait que « la liberté et la responsabilité doivent aller de pair ». Malgré le départ récent du fondateur, qui a été remplacé par la société de distribution d’énergie Andel, le modèle de Clever semble destiné à perdurer.
Une organisation structurée pour éviter le chaos
Aujourd’hui, Clever emploie environ 500 personnes réparties en plus de 50 équipes de huit à douze salariés. Chaque groupe définit des rôles pour le recrutement et la gestion des ressources humaines. Anne-Sophie Dubey, spécialiste en théorie des organisations, souligne que la codification des règles est essentielle pour éviter le chaos dans un système libéré.
Lykke Jeppesen, chargée d’accompagner les équipes dans la codécision, affirme que ce cadre favorise l’épanouissement des employés. Un audit interne de 2024 a révélé que 92 % des employés se déclarent heureux d’aller au travail chaque matin, mettant en avant les bénéfices d’un modèle qui répond à des besoins humains fondamentaux tels que l’autonomie et la liberté.
Le modèle de co-management reste encore marginal au Danemark, mais il se développe dans divers secteurs, y compris le service public et les ONG. Helge Hvid met en garde contre les facteurs de stress potentiels, tels que les conflits et l’incertitude, qui nécessitent une attention constante.
Source : BFM TV
