Visite parlementaire à Ali, Palestinien en détention provisoire
Une délégation parlementaire a visité Ali, un Palestinien en détention provisoire depuis deux ans à la maison d’arrêt d’Osny-Pontoise. Ce lundi 25 mai, les députés Gabrielle Cathala, Thomas Portes (LFI), Sabrina Sebaihi (Les Écologistes) et l’eurodéputée Rima Hassan (LFI) ont rencontré Ali, qui a exprimé son incompréhension face à son traitement en France : « Je ne pensais pas être traité comme ça en France ».
Reconnu réfugié par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) en 2020, son statut a été retiré par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) en février 2025. Ali a été mis en examen en mai 2024 pour des accusations graves, dont « association de malfaiteurs terroriste » et « financement du terrorisme », en lien avec des événements survenus en territoires occupés par Israël en 2023. Il conteste ces accusations, qu’il attribue à des allégations israéliennes.
Ali a partagé des témoignages poignants, montrant des photos de ses enfants accrochées dans sa cellule. Il a également évoqué le meurtre de son frère, Muhammad, par des militaires israéliens en 2004. Selon le recours déposé par son avocat, la CNDA avait jugé qu’Ali devait être protégé des persécutions israéliennes.
Des documents fournis par Israël à la justice française ont été utilisés pour soutenir les accusations portées contre lui. Rima Hassan a souligné que la terminologie utilisée dans ces documents, comme « Judée et Samarie », ne correspond pas à la position officielle de la France, qui considère la Cisjordanie comme un territoire occupé.
Ali a exprimé son souhait de ne pas recevoir de traitement de faveur, mais de bénéficier d’un procès équitable. Il a également mentionné qu’il était moins surveillé que d’autres détenus, ce qui pourrait indiquer une perception d’abus dans son cas.
Des rapports d’évaluation de la radicalisation ont conclu qu’il ne présentait aucun risque, conduisant à son transfert vers un régime de détention ordinaire. Ali a exprimé son rejet du terme « terroriste », soulignant la douleur que cela lui cause.
Source : Politis
