L’IA remplace les correcteurs : Carole, 52 ans, se reconvertit après 15 ans de service
Après plusieurs années passées comme correctrice dans un média français, Carole, 52 ans, a perdu son emploi lorsque l’intelligence artificielle a remplacé son service. Elle doit désormais se former pour tenter de changer de métier.
« J’ai aidé à rendre plus performant un outil qui, aujourd’hui, a pris ma place. » Cette déclaration de Carole résume le bouleversement professionnel qu’elle traverse. Pendant quinze ans, elle a travaillé comme correctrice-réviseuse dans un média français, avant de voir son métier disparaître avec l’arrivée d’un logiciel de correction utilisant l’intelligence artificielle, comme le rapporte Le Parisien.
L’outil intervient désormais directement lors de la rédaction des articles par les journalistes, effectuant une première correction. Le secrétaire de rédaction ou le chef d’édition peut ensuite l’utiliser à son tour. En conséquence, la relecture humaine réalisée spécifiquement par les correcteurs a été supprimée, entraînant la fermeture du service, qui comptait une dizaine de personnes.
La fin de son métier
Carole et ses collègues avaient anticipé ce changement. Dès 2023, la direction leur avait présenté le logiciel, tout en leur assurant que leur service resterait indispensable. Les correcteurs ont été chargés de tester l’outil et de signaler ses dysfonctionnements pour l’améliorer. « On avait bien compris qu’on était en train de scier la branche sur laquelle on était assis », témoigne-t-elle encore au Parisien.
Début 2025, un plan de sauvegarde de l’emploi a été annoncé, officiellement en raison de la situation économique de l’entreprise. Carole, actuellement en congé de reclassement, doit faire face à la fin de son parcours dans l’entreprise et à la disparition de son métier.
Une question demeure pour elle : que faire désormais ? À plus de 50 ans, l’idée de reprendre une formation et de changer de voie n’est pas évidente. Accompagnée, Carole a refait son CV, participé à des ateliers et effectué un bilan professionnel. Après plusieurs mois de doute et de désœuvrement, elle a finalement commencé une formation. Une nouvelle étape, sans garantie de retrouver rapidement un emploi, mais qui lui permet de se projeter à nouveau.
Source : Le Parisien.
