Il n’y a rien qui peut m’arrêter : une coiffeuse transforme la rue en salon solidaire
Une fois par mois, les bénévoles de l’association « Coiffure du Cœur » installent leurs fauteuils en plein cœur de Montpellier pour offrir gratuitement coupes de cheveux et tailles de barbe aux personnes en situation de précarité. Ce rendez-vous a lieu au Plan Cabanes.
Les tondeuses bourdonnent tandis que les passants ralentissent le pas. Ce mardi soir, comme chaque mois depuis trois ans, les bénévoles de l’association « Coiffure du Cœur » ont transformé cet espace du centre-ville en salon de coiffure à ciel ouvert. Quelques chaises pliantes, du matériel transporté dans des sacs, beaucoup de sourires et une même ambition : offrir bien plus qu’une simple coupe de cheveux.
Ce soir-là, cinq personnes se font coiffer simultanément. Autour d’elles, les bénévoles s’activent. Certains coupent les cheveux ou taillent les barbes, d’autres accueillent les bénéficiaires et distribuent les tickets permettant d’organiser le passage.
Plus de 20 000 coupes réalisées
Créée en 2019 par la coiffeuse Hélène Boiron, l’association est aujourd’hui présente dans 17 villes françaises et rassemble 135 bénévoles, dont de nombreux coiffeurs et barbiers professionnels. Après l’ouverture d’une antenne à Reims en février et à Annecy en avril, le réseau continue de se développer. Le principe reste inchangé : une maraude mensuelle au cours de laquelle des professionnels offrent gratuitement leur savoir-faire à des personnes sans domicile ou confrontées à des difficultés financières.
Selon l’association, plus de 20 000 coupes ont déjà été réalisées depuis sa création. Pour Hélène, cette aventure est née d’un besoin profond de donner du sens à sa vie, un besoin renforcé par une épreuve de santé. « Quand on traverse une épreuve, on regarde le monde différemment. J’ai eu besoin de trouver le sens de ma vie », confie-t-elle.
« Ce n’est pas que de la coiffure »
À ses côtés, son mari Thierry est devenu l’un des piliers de l’association. Ancien commerçant, il admet que cette expérience a changé son regard sur la précarité. « Ça m’a ouvert les yeux sur ce qu’elle représente au quotidien. » S’il ne coiffe pas, il échange avec les bénéficiaires. « C’est du cœur à cœur. On voit que les gens sont contents, heureux. Ce n’est pas que de la coiffure. Il y a des relations qui se créent. » Environ la moitié des bénéficiaires reviennent régulièrement lors des maraudes.
Cécile Marceron, coiffeuse depuis quatre mois dans l’équipe montpelliéraine, partage cette vision. « J’ai un métier qui peut apporter beaucoup de bonheur aux gens. Accorder un peu de temps aux autres, ce n’est pas grand-chose pour moi, mais c’est beaucoup pour eux. »
Assis sur une chaise, Bryan attend la fin de sa coupe. Il vient pour la deuxième ou troisième fois. « C’est génial. On n’a pas les moyens. Même quand c’est dix euros chez un barber, parfois c’est compliqué de les sortir. Et puis les dames sont agréables. »
Source : Midi Libre