Ces baleines vivent toujours au même endroit: pourquoi l'une d'elles s'est-elle lancée dans un voyage de 7.000 km?

Ces baleines vivent toujours au même endroit : pourquoi l’une d’elles s’est-elle lancée dans un voyage de 7.000 km ?

Luban, une baleine à bosse, a été repérée au large des côtes d’Oman après avoir parcouru 7.000 kilomètres. Ce déplacement remet en question des décennies de certitudes concernant les baleines à bosse de la mer d’Arabie, une population qui compte seulement 80 individus et qui ne réalise pas de migrations saisonnières. Isolées de leurs congénères de l’hémisphère Sud depuis environ 70.000 ans, elles ont développé un mode de vie sédentaire, avec un cycle de reproduction décalé de six mois par rapport à leurs homologues.

Pour étudier ces cétacés, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le biologiste Andrew Willson, a équipé 14 baleines de balises satellites. Ces dispositifs, déployés à deux endroits de la côte omanaise, ont transmis plus de 1.800 positions sur une période de 53 jours, révélant que ces baleines ne s’aventurent pas au-delà d’un territoire d’environ 400 kilomètres, suivant principalement des bancs de sardines le long du plateau continental.

Luban, surnommée ainsi en raison de son apparence qui rappelle l’encens arabe, a traversé la mer d’Arabie d’ouest en est pour être détectée au large de Goa, en Inde. Ce voyage aller-retour de 7.000 kilomètres constitue une première pour cette population. Elle a passé environ un mois dans ces eaux riches en poissons et en prédateurs marins, probablement à la recherche de nourriture ou d’un partenaire. Depuis, elle a été aperçue de retour dans le golfe de l’île de Masirah.

Ces baleines, qui peuvent atteindre 17 mètres de long, sont en danger d’extinction, faisant face à deux menaces principales : le changement climatique, qui perturbe leur habitat, et les activités humaines, telles que les filets de pêche et les collisions avec des bateaux. Le voyage de Luban offre des informations cruciales pour les efforts de conservation, permettant aux autorités de mieux protéger ces animaux.

Pour Suaad Al Harthi, directrice de la Société environnementale d’Oman, cette situation est porteuse d’espoir : « La mer d’Arabie offre des conditions uniques qui ont permis à une espèce migratrice de transformer complètement son mode de vie. Nous espérons que cette capacité d’adaptation aidera ces baleines à traverser une époque marquée par un changement climatique accéléré. »

Source : Slate

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