Une plateforme pétrolière abandonnée devient un symbole de l’échec spatial russe
Une carcasse de 36 000 tonnes, l’Odyssey, rouille tranquillement dans le port de Slavianka, à une centaine de kilomètres de Vladivostok. Cette structure, qui a longtemps incarné l’idée audacieuse de lancer des fusées depuis un point mobile en pleine mer, est maintenant à l’arrêt depuis mai 2020. L’Odyssey, plateforme mobile de lancement de fusées, ainsi que le navire de commandement Sea Launch Commander, sont amarrés au quai, loin de leurs heures de gloire.
L’Odyssey, initialement une plateforme de forage semi-submersible des années 1980, a été convertie pour le consortium Sea Launch, permettant des lancements depuis l’équateur. Ce choix stratégique a été motivé par les avantages liés à la vitesse de rotation de la Terre, facilitant ainsi le placement de charges lourdes en orbite géostationnaire.
Entre 1999 et 2014, l’Odyssey a réalisé 36 lancements, dont trois échecs. Les clients incluaient des entreprises comme Hughes et DirecTV, qui ont bénéficié de services compétitifs. Toutefois, les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine, affectant la fabrication des fusées Zenit, ont conduit à l’arrêt des opérations en 2014.
En avril 2018, la plateforme a été rachetée par le groupe russe S7 pour 109 millions de dollars, mais les ambitions initiales ont rapidement été freinées par des coûts de modernisation estimés à 470 millions de dollars, sans perspective de réactivation. En février 2020, l’Odyssey a été transportée à Slavianka, mais depuis, le programme est « gelé jusqu’à des jours meilleurs », selon Vladislav Filev, à la tête de S7.
Aujourd’hui, l’Odyssey reste un symbole d’un projet ambitieux, désormais abandonné, alors que le concept de lancement maritime refait surface avec de nouveaux acteurs dans le secteur spatial.
Sources : SciencePost.fr

