Un vigneron de Gaillac relance des cépages oubliés face au changement climatique.

Mauzac rose, jurançon noir, felen : ce vigneron de Gaillac fait revivre les cépages oubliés,

Mauzac rose, jurançon noir, felen : ce vigneron de Gaillac fait revivre les cépages oubliés, adaptés au moment du changement climatique

Sur les coteaux de Villeneuve-sur-Vère (Tarn), la famille Vieules cultive la vigne depuis 1804. Au domaine Philémon, la huitième génération arrive et l’on ne vinifie que des cépages historiques ou oubliés de la région : mauzac rose, ondenc, jurançon noir, prunelart… Une collection patiemment reconstituée qui se révèle être une arme contre le réchauffement climatique.

Il est un peu plus de neuf heures et le fond de l’air reste doux ce mardi 1er septembre. À une quinzaine de kilomètres de Gaillac, une poignée de chapeaux de paille dépasse des ceps. Les vendangeurs avancent, sécateur en main. Aujourd’hui, on récolte le mauzac, un cépage blanc répandu dans le vignoble du sud-ouest. Pourtant, les grappes qui s’empilent dans les seaux ne sont pas ordinaires : elles sont violettes. Il s’agit d’une parcelle où l’on cultive le mauzac rose, une variante rare.

Mathieu Vieules, vigneron du domaine Philémon, explique qu’il reste environ 40 hectares de mauzac rose en France, contre 600 à 700 hectares de mauzac blanc. Ce cépage est moins juteux que le blanc, mais il présente des qualités intéressantes. « Je l’affectionne particulièrement parce qu’il est très résistant à la pourriture », précise-t-il.

Le domaine Philémon, qui s’étend sur 25 hectares, privilégie des cépages autochtones ou oubliés. Les vendanges ont commencé plus tôt cette année, le 17 août, alors qu’elles avaient lieu fin septembre les années précédentes. Ce changement est attribué aux effets du changement climatique, avec une augmentation des températures et une maturation plus rapide des raisins.

Cette année, le domaine récolte également pour la première fois du felen, un cépage blanc originaire de la vallée du Lot, qui a été inscrit au catalogue officiel des variétés en 2020. Selon Mathieu Vieules, ce cépage a une maturité plus tardive, ce qui lui permet de mieux résister aux canicules estivales.

Le domaine Philémon adopte une conduite de la vigne plus ancestrale, en pratiquant la taille en gobelet. Cette méthode permet de protéger les grappes de l’exposition directe au soleil, un problème exacerbé par le réchauffement climatique.

Les cépages oubliés comme le jurançon noir, qui a été réintroduit dans l’appellation Gaillac, sont désormais perçus comme une solution potentielle face aux défis environnementaux actuels.

En conclusion, le domaine Philémon illustre comment l’agriculture viticole peut s’adapter aux enjeux climatiques tout en préservant la biodiversité des cépages.

(Source : France 3 Régions)

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