Un trou noir granivore qui défie la théorie

Un trou noir granivore qui défie la théorie

Le télescope spatial James-Webb (JWST) a récemment révélé des résultats surprenants concernant la formation des trous noirs supermassifs, des objets célestes nichés au cœur de nombreuses galaxies, y compris la Voie lactée. Parmi ces découvertes, l’observation du trou noir LID-568, situé dans une galaxie naine, a particulièrement retenu l’attention des astronomes.

LID-568, observé tel qu’il était 1,5 milliard d’années après le Big Bang, se distingue par sa capacité d’accrétion de matière. En effet, ce trou noir supermassif, pesant 7,2 millions de masses solaires, aspire la matière à une vitesse dépassant plus de 40 fois la limite théorique établie par l’astrophysicien Arthur Eddington en 1921. Cette limite, applicable aux étoiles, représente le seuil maximal de luminosité qu’un objet peut atteindre avant que la pression de radiation n’éjecte ses constituants.

Les découvertes des équipes du JWST, en collaboration avec celles de l’observatoire Chandra, suggèrent que la voracité de LID-568 pourrait confirmer l’hypothèse de formation des trous noirs supermassifs à partir de « graines », résultant de l’effondrement des premières étoiles ou de nuages de gaz. Le rayonnement intense observé serait alors le résultat de l’ingestion par LID-568 d’une telle graine, fournissant ainsi une première preuve observationnelle de cette théorie.

Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension de la formation des trous noirs dans l’univers primitif et soulève des questions quant aux mécanismes d’accumulation de matière à de telles échelles.

Source : Pour la Science

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