Un test décisif de la théorie d’Einstein : le trou noir géant de la Voie lactée fait tourbillonner l’espace-temps
Lorsque Albert Einstein a livré sa formulation finale de sa théorie relativiste de la gravitation à la fin de 1915, très peu de tests de sa théorie existaient. Dans les décennies qui ont suivi, plusieurs nouveaux phénomènes prévus par la relativité générale, tels que les ondes gravitationnelles, les trous noirs et l’effet Lense-Thirring, étaient considérés comme hors de portée pour les expérimentateurs.
Récemment, des astronomes ont découvert une étoile, nommée S301, qui orbite autour du trou noir supermassif Sagittarius A* au centre de notre galaxie. Cette étoile se déplace à une vitesse de 25 000 km/s, soit environ 8 % de la vitesse de la lumière, et s’approche plus que n’importe quelle autre étoile observée jusqu’à présent de ce trou noir, à une distance équivalente à celle qui sépare Saturne du Soleil.
Cette découverte, effectuée grâce à l’interféromètre du Very Large Telescope (VLTI) de l’Observatoire européen austral, ouvre une nouvelle fenêtre sur les propriétés fondamentales de l’espace-temps dans des conditions extrêmes. Reinhard Genzel, directeur de l’Institut Max-Planck de physique extraterrestre, souligne que cette étoile permet d’observer des effets gravitationnels prédits par la théorie d’Einstein, mais non observés jusqu’à présent.
Les observations de S301 pourraient tester l’effet Lense-Thirring, qui stipule que la rotation d’un objet déforme l’espace-temps qui l’entoure. Si S301 est affectée par cet effet, cela fournirait des preuves supplémentaires de la validité de la relativité générale d’Einstein face à d’autres théories de la gravitation.
Selon les chercheurs, il est prévu qu’ils puissent mer la rotation du trou noir d’ici dix ans, ce qui constituerait un test décisif de la théorie d’Einstein. Stefan Gillessen, chercheur au MPE, a déclaré : « Pour la première fois, nous serions en me de mer de manière très directe la rotation d’un trou noir massif. »
Cette étude a été publiée dans la revue Nature et marque une avancée significative dans notre compréhension des phénomènes gravitationnels extrêmes.
Source : Futura Sciences.



