Pour rendre Mars habitable, ce scientifique propose de la bombarder avec des comètes géantes

Pourquoi terraformer Mars ?

Mars, souvent perçue comme le meilleur candidat pour une seconde Terre, suscite un intérêt croissant parmi les scientifiques. Sa gravité, équivalente à environ 38 % de celle de la Terre, pourrait permettre de maintenir une atmosphère viable à long terme. De plus, la durée de son jour, d’environ 24 heures et 37 minutes, est très proche du cycle circadien humain, ce qui pourrait favoriser la santé mentale et la productivité des futurs colons.

Des calottes glaciaires et des traces d’anciens cours d’eau indiquent que Mars a pu être plus hospitalière par le passé. Ces ressources pourraient potentiellement être utilisées pour l’eau potable, l’agriculture, ou encore la production d’oxygène et de carburant.

Cependant, la planète rouge demeure hostile à la vie. Son atmosphère, composée à 95 % de dioxyde de carbone, est très ténue, avec une pression de surface de seulement 600 Pascals, soit environ 0,6 % de celle de la Terre. Cette condition rend la survie humaine impossible sans protection. De plus, l’eau liquide ne peut pas exister durablement à la surface en raison de cette faible pression, et la température moyenne est d’environ -63 °C, pouvant descendre jusqu’à -140 °C la nuit. L’absence de champ magnétique laisse également passer des niveaux élevés de rayonnements cosmiques, rendant la survie encore plus difficile.

La terraformation, qui consiste à modifier l’environnement martien pour le rendre plus habitable, pourrait être la solution. Cela impliquerait d’augmenter la pression atmosphérique, d’élever la température et d’introduire des gaz respirables tels que l’oxygène. Une atmosphère plus dense permettrait de mieux filtrer les rayonnements nocifs et de conserver l’eau.

Le géophysicien polonais Leszek Czechowski a proposé un plan audacieux lors d’une conférence sur les sciences planétaires : bombarder Mars avec des corps glacés provenant de la ceinture de Kuiper. Ces objets, riches en composés volatils essentiels comme l’eau, le dioxyde de carbone, l’azote et le méthane, pourraient aider à transformer l’atmosphère martienne. Chaque impact libérerait ces matériaux, épaississant progressivement l’atmosphère et déclenchant un effet de serre contrôlé pour réchauffer la surface.

Cependant, la mise en œuvre d’un tel projet n’est pas sans défis. Czechowski envisage des missions nécessitant des technologies de propulsion actuellement inexistantes, telles que des moteurs ioniques géants. Le voyage vers la ceinture de Kuiper pourrait prendre entre 30 et 60 ans, et des dizaines, voire des centaines d’objets, seraient nécessaires pour un effet significatif.

Une fois une atmosphère primitive établie, la seconde phase consisterait à introduire des micro-organismes génétiquement modifiés capables de transformer le dioxyde de carbone en oxygène par photosynthèse. Ce processus pourrait rendre l’air martien progressivement respirable.

Malgré ces perspectives, des obstacles majeurs subsistent. La technologie nécessaire pour déplacer de gros objets à travers le système solaire n’est pas maîtrisée, et le coût énergétique du projet serait colossal, équivalent à plusieurs années de consommation mondiale. De plus, les risques d’impacts mal contrôlés posent des questions sur la sécurité, tant pour Mars que pour la Terre.

En conclusion, la terraformation de Mars reste un rêve lointain. Cependant, des projets comme celui de Czechowski incitent à réfléchir à des solutions pour une éventuelle colonisation humaine, ouvrant la voie à une civilisation capable de manipuler des planètes à l’échelle cosmique.

Source : Science et Vie.

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