Inspiré par le surréalisme, un roman fantastique réunit 43 artistes dans un récit entre art et IA
Leïla Grace Voight, collectionneuse et commissaire d’expositions, a récemment publié un roman intitulé Une Saine Distance. Quoi de plus beau qu’une œuvre au premier soir ?, dans lequel 43 artistes, allant de Jean-Pierre Formica à ORLAN, contribuent en envoyant des œuvres à son personnage principal via Internet. Ce projet, né de la solitude du confinement, se distingue par une écriture d’inspiration surréaliste qui perturbe la structure narrative conventionnelle.
Dans son introduction, Voight évoque le Web comme un exutoire pour des journées empreintes de désirs et de regrets, transformant l’expérience numérique en un « pervers nourricier » du dérèglement mondial, rapidement associé au confinement.
L’Intelligence Artificielle et les réseaux au cœur de l’intrigue
Le récit se concentre sur trois personnages : un héros décrit comme un « célibataire reclus en écriture », Moon, sa muse, et Susana Distancia (SD), une figure virtuelle mexicaine chargée de maintenir une « saine distance » pendant la pandémie. Le protagoniste sollicite l’aide de SD pour établir des contacts avec les artistes participants, qu’il s’agisse de dessins ou de photographies.
Entre fantasmes et récits artistiques : un conte des Mille et Une Nuits 2.0
Le roman fonctionne comme un recueil de souvenirs, chaque chapitre étant consacré à un artiste et à son illustration. L’auteure s’immerge dans le personnage masculin de son héros, tout en relatant les fantasmes d’un homme fatigué. Parallèlement, elle se décrit comme une « infortunée prisonnière » à Venise, mariée à Harpo et absorbée par ses désirs numériques. Ce mélange d’états d’âme et de récits artistiques invite le lecteur à naviguer entre réalité et fiction.
ORLAN, Nathalie Talec, Miguel Chevalier : quand l’art contemporain devient fiction
Le roman présente des artistes comme ORLAN, dont les œuvres sont intégrées de manière à enrichir le récit. Nathalie Talec et Miguel Chevalier, reconnu pour son travail en art numérique, sont également mis en avant, soulignant la diversité des contributions artistiques. Le vocabulaire du roman est riche et varié, intégrant des références à des concepts artistiques et philosophiques.
Une Saine Distance aborde la beauté des œuvres d’art tout en jouant sur l’ellipse et le clin d’œil, laissant au lecteur le soin d’explorer les multiples pistes narratives.
Ce roman, publié aux éditions Naima, compte 236 pages et est proposé au prix de 20 euros.
Source : Connaissance des Arts


